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Printemps de Toulouse, suite mais pas fin!

mai 24, 2012


 194 flags © Julien Serve

Cette fois c’est certain: Marie-Thérèse Perrin, Fondatrice et Présidente du Printemps, de Cahors d’abord, de Septembre ensuite, et qui continue de porter, depuis 23 ans, ce Festival d’Art à bout de bras et à bout de cœur, l’a confirmé à la conférence de presse qui s’est tenue ce 22 mai à la Fondation Cartier: dès 2013 le Printemps aura à nouveau lieu… oui au printemps. Ainsi va l’Histoire…

Mais pour l’instant, c’est bien en Septembre 2012 qu’il s’agira de redécouvrir l’Histoire, la nôtre et celle des artistes d’aujourd’hui.

Car c’est bien là le titre de cette nouvelle édition, dont la direction artistique a été confiée à Paul Ardenne: L’Histoire est à moi. Et comme le disait Régis Durand (les deux homme se connaissent bien et ont même écrit un livre ensemble, Images Mondes: “la programmation de Paul Ardenne, grand connaisseur de l’art contemporain, et sa vision transversale nous permettent d’échapper au ‘prêt-à-porter’ artistique, et à mettre en valeur des formes d’art qui ne font pas partie des ‘vaches sacrées’ du contemporain” – (ferait-il allusion à celles qui sont coupées en deux ?). Régis Durand se dit enthousiaste, lui plutôt réservé d’habitude: “En effet, cette exposition nous met devant un questionnement dialectique, celui de l’Histoire comme objet – et de ce fait même nous amène à prendre conscience que l’Histoire n’est pas un objet.”

Paul Ardenne, dans sa présentation, mettra en avant, entre autres, deux spécialistes, deux personnalités d’exception de l’art et de la guerre – et donc de l’Histoire, forcément: Laurence Bertrand Dorléac d’une part, directeur de thèse, il y a quelques années, de l’impétrant Paul Ardenne, auteur de l’Ordre sauvage et commissaire de la future exposition “L’Art en Guerre” qui aura lieu au Musée d’art moderne de la Ville de Paris dès mi-octobre 2012 – et Jean Yves Jouannais, l’auteur présumé de l’Encyclopédie des Guerres.

Quant à moi, je retiendrai pour aujourd’hui le travail de Julien Serve, jeune artiste français lié à la galerie Quang à Paris, et qui, pour L’Histoire est à moi propose un étendard constitué de la superposition des spectres des drapeaux des 193 nations représentées à l’ONU et de celui de la Palestine. Il s’agit là d’un travail évolutif: au fur et à mesure de l’adhésion future d’autres nations à l’ONU, les drapeaux de ces dernières seront également inclus dans le «drapeau du pays Terre», et la pièce rebaptisée. En l’occurrence, ces 194 drapeaux, ont été fusionnés, compressés, de manière parfaitement équitable, à intensité visuelle égale numériquement, de manière à générer un seul et unique drapeau. Un travail qui “pose la question de l’identité nationale: imaginons un instant remplacer à Toulouse tous les drapeaux français par ce drapeau de fusion – serions-nous alors dans la perte de notre identité nationale, ou dans l’acquisition d’une identité humaine globalisée?”

La beauté presque sournoise du travail de Serve révèle à notre regard incrédule que la fusion, sur une seule et unique bannière, de toutes les identités prises en compte, génère une bannière à l’humanité douce, harmonieuse, nuancée, modeste.

Le drapeau de Julien Serve: une utopie que l’on ne peut qu’espérer Historique. Ou à quoi servent les artistes: à générer des utopies visuelles. Et à quoi servent les directeurs artistiques: à donner à voir au plus grand nombre d’entre nous des utopies qui nous feront longtemps rêver. Jusqu’au Printemps!

Publié dans Les Quotidiennes le 24 mai 2012

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