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«The King» montré dans toute sa majesté

novembre 6, 2012

Article publié dans la Tribune de Genève.
Lire la version en ligne ici
Consulter le pdf de l’exposition Beautiful Penis, ici

La galeriste Barbara Polla réunit quatre artistes femmes autour du sexe masculin avec passion, désir et tendresse


Dans les musées, nombreuses sont les œuvres d’hommes magnifiant le corps des femmes. L’inverse est en revanche extrêmement rare. «Dans toute l’histoire de l’art, il existe très peu de représentations glorieuses du sexe masculin faites par des artistes femmes. Même en art contemporain, le pénis est soit ridiculisé, soit montré comme violent – violant, souvent», explique Barbara Polla, qui cite à l’appui de sa thèse un tableau fameux de Louise Bourgeois montrant un pénis écorché, pendu à un crochet de boucher…

Partant de ce constat, la médecin et galeriste genevoise a souhaité contribuer à réparer cet outrage fait au phallus par une exposition. D’abord parisienne au printemps dernier, réunissant douze artistes autour du Beautiful Penis, elle sera genevoise cet automne. Dès le 10 novembre et jusqu’à Noël, The King fera l’éloge de l’érection et de son support.

«Selon moi, dit Barbara Polla, il est important pour une femme de grandir à côté de quelque chose qu’on magnifie.» Elle a donc fait travailler des artistes féminines sur le thème du sexe masculin, ou retenu quelques rares pièces déjà réalisées. Quatre plasticiennes seront à l’honneur à Genève: la Britannique Sarah Lucas, dont l’œuvre – un triptyque de photos en noir et blanc montrant des moulages en plâtre du pénis de son compagnon – a donné son nom à l’exposition, The King (voir illustration ci-dessous). Maro Michalakakos est une artiste grecque qui exposera à Genève un rideau de velours rouge sur lequel des pénis ont été «dessinés» au bistouri.

La Polonaise Joanna Malinowska rend hommage quant à elle à Bruce Nauman, avec son Autoportrait en fontaine d’où l’objet (l’urinoir) a été gommé. L’artiste autrichienne Michaela Spiegel a réalisé des photographies vintage à la feuille d’argent d’hommes en uniforme, dont les légendes, burlesques, font allusion au désir, comme ce Well hung is half done (Ce qui est bien pendu est à moitié fait). Ces deux artistes seront présentes à Genève lors du vernissage de The King afin de commenter leur travail. Après cette exposition à la gloire du pénis, pour Barbara Polla, la croisade continue. Celle qui a en horreur le vocable misandre et infantile zizi s’est lancée dans la rédaction de son prochain livre, à paraître chez Odile Jacob. Le sujet en est «le sexe masculin, organe magnifique donneur de vie». Et de plaisir, brûle-t-on d’ajouter avec un clin d’œil, histoire de sauver le sexe masculin de ce grave péril: se voir réduit à un trivial et utilitaire organe asservi à la reproduction.

«The King», Galerie Analix Forever, 2, rue de Hesse, dès le 10 novembre.

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