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EURASIA – A proposal by Patrick Weidmann

janvier 14, 2013

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EURASIA

On dirait que l’ombre du décor cache une idylle avec le sujet du tableau, en une connivence aigre-douce qui les réunit momentanément le sujet et son ombre dans une innocence apparente.
Ils font ensemble le jeu des motifs, des imprimés, des cosmétiques et des poudres, des réminiscences consenties ou non, d’une référence hors du temps. En effet, l’extrême-orientalisme comprime de façon idéalisée des temporalités superposables, rétro-projectables, c’est une moralité malléable – mais aussi des futurs capables de surprendre un imaginaire exogène. Ce paradoxe s’applique d’ailleurs à l’ensemble des paramètres de la pratique de l’artiste. Là encore le synchrétisme est à l’œuvre, jusqu’à la typographie importée.
Tant de contraintes et de libertés offrent aux personnages de Fanny Laumonier l’occasion de mélanger cette historicité illusoire avec une actualité consumériste globalisée, de répondre aux impératifs d’une iconographie sexuelle érigée en surface, mais aussi brutalement échappée du mainstream érotique. Cette narration absorbe le kitsch, le fait fondre à la vitesse d’un bonbon sur la langue pour le renflouer par le détournement. Il en va de même pour la trompeuse harmonie des décors ou le goût pour le détail, à vrai dire mis à mal dans les dernières œuvres.
Le sexe agit comme une transparence, un symptôme de la mondialisation mais pressé d’être unique ou de revenir à une sorte de mythe exclusif quand ce n’est pas à une appropriation légitime et sériée. Il efface les emprunts culturels au profit de l’instantanéité, affiche une visualité sans additifs. Cette zone beaucoup plus incertaine et éruptive contredit les codes d’une peinture qui se voudrait presque délectable. Cet état est d’autant plus significatif que le recours à la photocopie, la publicité, l’annonce ou à un certain cinéma « made in Hong Kong » scénarise une forme beaucoup plus littérale et intrusive.
La lecture du travail de Fanny Laumonier se fera à la fois comme un plaisir esthétique en cours de traduction et comme une dérive inéluctable vers son tableau des perversions.

Patrick Weidmann, janvier 2013

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