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L’Ennemi Public sur beautifulanddelights.blogspot.fr

janvier 28, 2013

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Jackie Sumell, Roof Garden, 45 x 91 cm, 2007-2012

Non il ne s’agit pas du titre de la dernière saga policière, même si la récente libération de Florence Cassez apporte un éclairage particulier à cette exposition initiée par Barbara Polla (Analix Forever) à la galerie Magda Danysz. D’entrée de jeu se pose la question de peut-on exposer de l’art créé en situation d’emprisonnement ou de captivité et peut-on parler alors d’art sans songer à une forme de récupération ? L’ennemi public se cache sous bien des apparences parfois comme nous allons le découvrir. L’oeuvre de Mounir Fatmi en préambule est clin d’oeil historique : Black Panthers et émeutes raciales de Los Angeles à la sauce de l’artiste ! « L’homme n’est-il pas le seul héros de sa propre histoire ? » tandis que Jhafis Quintero, ancien prisonnier témoigne d’un engagement perpétuellement réactivé. Avec Jean-Michel Pancin nous plongeons dans une dimension très métaphorique et poétique de l’univers carcéral. A la manière d’un archéologue il dénoue les « pelotes » d’histoires individuelles bafouées et rayées de la carte. Ancienne prison Sainte-Anne d’Avignon mais aussi frontières sans limites de la Patagonie, il arpente et récolte toute trace de résisante. Son « mur des attentes anonymes » présenté au Printemps de Toulouse, prend ici une dimension nouvelle plus intime et très troublante. Terreau métaphysique fertile également chez Joanna Malinowska et sa lettre à Obama. A l’étage de la galerie les photographies de l’activiste américaine Jackie Sumell sont comme une projection idéale de la vie après la prison avec ces rêves aux couleurs acidulées d’espace et de confort. Le clown en cage de Maleonn, (son vrai nom est Ma Liang) nous parle de simulacre et de mondes théâtralisées en référence à son enfance marquée par la fuite imaginaire intérieure. Dernière salle, les menottes de Luc Mattenberger dans leur perfection glacée font face à ces hommes ou femmes menottés par les régimes totalitaires de Zhang Dali. Des objets très beaux pour qui se met au défi de l’asservissement volontaire. Last but not least, les derniers repas des suppliciés de Mat Collishaw, natures mortes qui rejouent la dernière Scène avant la trahison et la mort.
« L’art et la criminalité sont-ils deux frères jumeaux comme le suggère Jhafis Quintero ?, saluons le courage de Barbara et Magda dans cette entreprise qui bouscule et révèle les ressorts secrets de la création. « Au fond, on reconnaît toujours un artiste authentique à la puissance de son ennemi intérieur », comme le déclare Paul Ardenne qui co-signe l’ouvrage publié à l’occasion de l’exposition en prolongement de son importante documentation video.Quelle est notre propre faculté de subversion pourrait on se dire à la suite de ces 3 commissaires qui ambitionnent de changer si ce n’est la société du moins notre regard.

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