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Analix Forever présente REDOUX ANNONCE @ Drawing Now Art Fair 2013 * 11 Avril – 14 Avril

avril 8, 2013

Pascal Berthoud, Untitled, 2013


REDOUX ANNONCÉ

JULIEN SERVE (France, 1976) vit et travaille à Paris. « Focus » d’Analix Forever pour Drawing Now, l’artiste nous fait voir le monde tel qu’il le perçoit au quotidien, tel que ce monde – oui la Suisse est un monde ! – se donne à lui par l’intermédiaire des dépêches de l’ATS (Agence Télégraphique Suisse). L’artiste a sélectionné, pour cette installation, des dépêches lui relatant notre pays et Nuit glaciale mais redoux annoncé est le titre de l’une de ses dépêches devenue le titre de son installation. Et sur ce monde tel qu’il est, incluant la douceur d’un espoir improbable, Serve met en perspective ses propres dessins, tous réalisés en Suisse ou dans les suites immédiates de son récent séjour à Genève.  » Certaines réalités que je dessine, la violence, ouverte ou larvée, la morbidité, si je ne puis les admettre, je puis les dessiner. Le dessin me permet à moi-même d’assumer ma place au milieu d’un monde trop souvent inconcevable.  » Les dessins de Julien Serve sont ainsi autant de tentatives d’appréhension du monde.

JULIEN SERVE, à retrouver à Analix Forever à Genève au mois de juin.

Il est classique d’affirmer que les dessins de sculpteurs sont les plus beaux. PASCAL BERTHOUD (Suisse, 1970), sculpteur, intègre dans le dessin, outre la perfection technique, l’étrangeté, la recherche d’une transcendance de la matière, une tridimensionnalité qui nous englobe. Comme l’écrivait Richard Leydier,  » Certains artistes ajoutent un ingrédient important à leur pratique graphique : la virtuosité technique, qui les affilie immédiatement à plusieurs siècles de tradition de la représentation. Ici, le dessin est fouillé, il gagne en précision et découle d’un système de vision acérée. Parmi d’autres, les oeuvres de Pascal Berthoud relèvent de cette dernière catégorie où des créateurs contemporains, dans un style résolument de leur temps, se mesurent à d’illustres prédécesseurs… »

La Jambe noire de l’Ange de MOUNIR FATMI (Maroc, 1970) est inspirée de la Guérison du Diacre Justinien de Fra Angelico. La légende raconte que Saint Côme et Saint Damien, deux frères médecins d’origine arabe, convertis au christianisme et martyres, réalisèrent ce miracle posthume : le diacre Justinien avait la jambe en perdition ; Côme et Damien lui greffèrent alors, pendant son sommeil, la jambe d’un éthiopien qui venait d’être enseveli au Cimetière de Saint Pierre. Fatmi, fasciné par la greffe, dessine La Jambe Noire de l’Ange. Le redoux, ici, c’est la greffe culturelle réussie. Et le dessin, depuis toujours, l’un des modes d’expression fondateurs de cet artiste désormais reconnu surtout pour ses installations et ses vidéos.

MOUNIR FATMI, à retrouver à Analix Forever à Genève au mois de mai.

ROBERT MONTGOMERY (UK, 1973), poète plasticien, présentera des dessins à l’aquarelle selon une technique qui lui est propre. Le très noir SHOCK AND AWE nous présente avec une simplicité glaçante cette stratégie militaire développée dans les universités américaines visant à paralyser chez l’ennemi l’envie même de se battre. Un message terrifiant adouci par BRIEF HALF LIFE SPRING qui nous propose, dans les foulées d’un Victor Hugo, que A DAY WILL STILL COME WHEN WITHOUT LOSING YOUR INDIVIDUALITY YOU WILL ALL LAY DOWN YOUR ARMS.  » All knives bandaged, All castles unbuilt  » : bander les couteaux et les armes plutôt que les plaies : alors, le pacifisme trouvera sa voie. Redoux annoncé, là encore.

EMMANUEL RÉGENT (France, 1978) a élu le rivage, limite séculaire entre le liquide et l’humain pour y vivre et y travailler : son atelier a presque les pieds dans l’eau, il s’accroche sur le chemin de ronde des rochers de Villefranche, au sud de la France. Et en regardant la mer, l’artiste voit ces files d’hommes et de femmes, infinies, qui ont passé par là, files d’attente, d’exode, d’exil – redite jamais, reprise toujours, l’humanité file au fil de l’eau dans une rencontre étonnante entre le vide et la ligne. Quant à la manière de dessiner d’Emmanuel Régent, avec obsession, presque comme un graveur, en laissant tout le vide nécessaire au regard et au pas du spectateur, elle évoque celle d’un Alighiero Boetti.

EMMANUEL RÉGENT, à retrouver à la galerie Analix Forever à Genève jusqu’à fin avril.

Les dessins d’ADRIAN SCHINDLER (France, 1989), à la façon d’une vague enquête, puisent, dans des récits familiaux et des documents trouvés, des espaces, des situations, des gestes ou des objets pour les réinvestir dans d’hypothétiques scénarios. Des situations imaginaires qui, bien qu’envisageables, n’auront lieu que dans le seul espace mental de l’artiste – et de celui qui regarde. Le dessin devient alors le point de départ de nouvelles narrations, dans un double regard tourné à la fois vers les mystères du passé et vers ceux d’un futur encore plus improbable.

La galerie Analix Forever propose par ailleurs le livre NOIR CLAIR DANS TOUT L’UNIVERS, un collectif sous la direction de Barbara Polla, comprenant notamment textes et dessins à propos de JULIEN SERVE, MOUNIR FATMI et ROBERT MONTGOMERY (10 euros au lieu de 15 pendant Drawing Now) et dévoilera peut-être aux amateurs éclairés quelques autres trésors…
Le CLAIR après le NOIR : le redoux serait-il assuré ?

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