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Visite d’Atelier avec Frank Perrin, le jeudi 25 avril à 19h

avril 16, 2013

Pour recevoir l’adresse et le code d’entrée, RSVP à barbara.s.polla(at)gmail.com


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DERRIÈRE L’OBJECTIF, ENTRETIEN AVEC FRANK PERRIN
Paris, 1 April 2013, Art Media Agency (AMA).

Dans le cadre de l’Art Paris Art Fair, l’artiste français Frank Perrin est cette année exposé à la galerie Analix Forever, située au stand C17. AMA l’a rencontré afin qu’il nous explique son travail.

Pouvez-vous me présenter vos œuvres ? Je présente la nouvelle série de la saga du postcapitalisme, ici la section 14 intitulée Big Shot. Je voulais avec ce travail qui comporte 4 photos de format carré 1m50 × 1m50, montrer l’effroi et l’obsession photographique dans ces messes très précises que sont les festivals et les défilés de mode. Dans ces derniers, sont présents des amoncellements, des accumulations surréalistes dignes d’une pyramide baroque de photographes et d’objectifs qui photographient tous de façon obsessionnelle la même chose et qui abreuvent tous les conduits médiatiques de la planète. Je voulais mettre à plat et surtout renverser le regard sur la pulsion économique, médiatique du monde photographique face à cette nuée d’objectifs.
Comment avez-vous réalisé la série présentée ? Je l’ai réalisée sur place et non en studio. J’ai fait les premiers tests au Festival de Cannes de l’année dernière, j’ai continué à Paris pendant la couture sur les podiums de mode et j’ai pris beaucoup de photographies pour arriver à en garder quelques-unes qui soient réellement graphiques. C’était compliqué à réaliser, car pour avoir ce sentiment de frontalité il faut que le défilé ait commencé et surtout être en face, ce qui est impossible une fois que le défilé a commencé. Test après test, j’ai trouvé une solution qui consistait à se placer au premier rang, assez loin et avec un télé-objectif de recorriger mon angle pour me trouver en face des photographes au moment où les flashs crépitent et visent. Ainsi, on n’aperçoit qu’un doigt, une lentille dans l’obscurité.
Comment choisissez-vous le thème traité ? Mon projet s’intitule le postcapitalisme comme le titre d’un livre et chaque sujet traité correspond à un chapitre. C’est un livre qui est impossible à écrire, car il est éclaté et infini, mais ce qui m’intéresse est de raconter à travers des images les mythologies et les obsessions de maintenant. Je veux saisir une facette de ce délire planétaire sur lequel je ne porte aucun jugement et faire un constat délibérément ambigu. Je traite mes sujets avec un double dialogue, on ressent à la fois le cauchemar climatisé de l’époque et cette beauté brutale qui a quelque chose d’un peu effrayant.
Quelles sont vos inspirations artistiques ? Les œuvres qui m’ont fasciné sont les chaises électriques ou les accidents de Warhol. Ce qui m’intéresse c’est d’avoir un traitement esthétique, car le sublime est à la fois effrayant et beau. J’ai donc été inspiré par Warhol, mais pas le pop art, car il est allé encore plus loin dans la surface. C’était le représentant à la fois de l’euphorie et de la tragédie du monde. Une œuvre forte doit être le testament d’une époque, ainsi une chaise électrique représente le testament des années 1960. Une Jokes de Richard Prince dans sa bêtise, sa laideur, son approximation est forte, car elle représente le testament des années 1990, de même que les Poupettes de Koons sont le testament de son époque. À cet égard, le Big Shot est une oraison funèbre de notre époque et l’image testamentaire de la quintessence de maintenant avec son ascension et sa décadence.
Pourquoi avez-vous choisi la photographie comme médium de prédilection ? Je ne me considère pas comme photographe, je traite l’image. La photographie est un couteau suisse qui pour ce que je veux exprimer est le plus pratique. Je suis en train de faire une nouvelle série sur les cosmétiques, ici je vais photographier à nouveau des données déjà existantes que je vais par la suite retraiter. Je ne suis pas photographe, mais artiste, je parle du drame de maintenant qui se loge dans des images que je peux photographier, construire et monter de toutes pièces. J’ai commencé ce travail il y a douze ans. Auparavant, je faisais des films, mais je me suis tourné vers l’image, car elle est magique, unique, immobile, figée, muette, secrète. Toute la problématique de l’Occident tourne autour de l’image, depuis la guerre des iconoclastes à Constantinople, des conflits religieux où la relation n’est pas du tout la même à l’image. Toute la culture du monde occidental tourne autour de cette question du rapport à l’image. Elle condense cette pulsion et cela s’observe d’ailleurs avec la surexploitation des réseaux sociaux. Ce déluge d’images résulte d’un besoin compulsif de ces dernières. C’est un médium profond et actuel dans lequel nous sommes immergés, soit dans la fascination, soit dans le refus. Même dans le cinéma les plus grands films sont les plus photographiques et notamment Le Mépris de Godard et Blow Up d’Antiononi.
Pourquoi présenter cette série en particulier ? J’ai choisi de présenter cette série, car elle est inédite. Elle va voyager pendant un an et demi dans des installations muséales, j’ai donc voulu la montrer en avant-première.
Avez-vous effectué des ventes jusqu’à présent ? J’ai effectué une vente et dans l’absolu cette foire a été une belle rencontre, car il y aura à l’issue de celle-ci des transactions et surtout des coups de cœur. Or pour les collectionneurs, l’achat de l’œuvre équivaut à une adhésion intrinsèque profonde. Ici, les intérêts qui se sont manifestés sont des collectionneurs privés, des passionnés qui investissent leur sang et leur argent dans quelque chose avec lequel ils veulent vivre. Les collectionneurs font les œuvres, chacun est une mythologie personnelle qui donne aux œuvres leurs vies autonomes. L’œuvre est une fenêtre dans laquelle chacun reflète ce qu’il souhaite.

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