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Emmanuelle Kant au Palais de Tokyo (1)

mai 26, 2014

emmanuelle-kant-barbara-polla

 

 

Le 23 mai 2014, Analix Forever a le plaisir de présenter le film EMMANUELLE KANT  de Michaela Spiegel au Palais de Tokyo.

Tout d’abord, merci au Palais de Tokyo, à Vittoria Matarrese et à son équipe !

Présentation de l’artiste et des orateurs de la table ronde par Barbara Polla :

Michaela Spiegel

Née ne 1963 à Vienne, vit et travaille à Vienne et Ercourt, en Picardie.

Elle conduit un travail centré sur les questions de genre avec une approche plastique, mais aussi freudienne, analytique et historique.

Elle est créatrice du Laboratoire du Néoféminisme en tant qu’antithèse de tous les sexismes.

Michaeal Spiegel a un parcours artistique riche, suivi depuis longtemps par la Galerie Steinek de Vienne ; et de très nombreuses expositions personnelles et de groupe, muséales et en galerie (pour plus de détails, cliquez ici.

En ce qui concerne les Musées liés à Freud, citons son exposition « Female Facets » au Freuds Dream Museum de Saint Petersbourg ; une exposition au Musée Freud à Bratislava avec Franz West ; et la présentation de son dernier ouvrage Konversationslexikon (lexique de conversation)au Musée Freud de Vienne (c’est d’ailleurs à cette occasion qu’elle rencontre Ruben Gallo).

Ses œuvres sont dans de multiples collections, dont celle du Musée d’Art Moderne de Vienne, du Musée, Sigmund Freud et de l’Albertina à Vienne toujours, et dans la collection de la Présidence d’Autriche. À Paris Michaela travaille avec Analix Forever et la School Gallery entre autres, mais nous attendons encore la première exposition muséale en France !

Michaela Spiegel, donc, créatrice multiple, peintre (avec un premier grand prix français de peinture dans les années 1990) dessinatrice, photographe, écrivain, a également réalisé de nombreuses vidéos (dont certaines ont été montrées dans le cadre de Vidéo Forever) ainsi que des films, dont le dernier, Je monte je valide, a été présenté au MAC Lyon dans Motopoétique, une exposition dont Paul Ardenne était le commissaire, au début de cette année.

Le travail que Michaela Spiegel nous présente ce soir est une œuvre exceptionnelle, qui résulte de deux ans de travail, et que nous avons le privilège de visionner en première mondiale, en français, avant qu’il ne tourne dans ses versions anglaise et allemande aussi, notamment, dans un premier temps, à Genève.

Ruben Gallo

Professeur de littérature comparée à Princeton, spécialiste de théorie psychanalytique, il publie en 2013, en version française, Freud au Mexique (Ed. Campagne Première), alors que Le latino américain de Marcel Proust, œuvre au sujet de laquelle il donne en ce moment des séminaires à Paris, va être publié sans délai par Hopkins University Press. A propos de Freud, c’est d’ailleurs au Musée Freud à Vienne que Ruben Gallo rencontre en 2009 Michaela Spiegel lors d’une conférence donnée sur le Laboratoire / de l’Institut du néoféminisme dont Michaela Spiegel est la créatrice, et sur ses objectifs. Depuis lors, Ruben Gallo et Michaela Spiegel ont tissé des liens à la fois freudiens et extra-freudiens.

Ruben Gallo nous dira aussi, à la lumière du film de Michaela Spiegel et en se basant sur un texte de Lacan, combien, d’une certaine manière, Kant et Sade sont liés, et comment Sade sans Kant, comme Kant sans Sade, sont, en réalité, inconcevables.

Par ailleurs, Ruben Gallo est probablement le premier à avoir perçu et établi des liens très intéressants entre la pensée de Beatriz Preciado et celle de Michaela Spiegel. Car si ces pensées prennent des formes très différentes, dans le cas de Michaela Spiegel, une forme plastique, ludique, souvent très drôle, alors que chez Beatriz Preciado la forme est davantage intellectuelle, littéraire, mais aussi vécue, les liens entre les deux manières de penser une nouvelle vision du genre est en réalité très proche, et le néoféminisme de Michaela Spiegel n’est pas très éloigné de l’abolition des genres classiques telle que préconisée par Beatriz Preciado.

Beatriz Preciado

Philosophe, elle est directrice du Programme d’études indépendantes musée d’Art contemporain de Barcelone, une conférencière très sollicitée, et l’auteur de trois livres clé :

Le Manifeste contra-sexuel, publié en français au Diable Vauvert en 2011 ; dans cet ouvrage elle dénonce le conditionnement des êtres humains par  notre monde hétéro-centriste et milite pour l’abolition de la notion de genre ;

Testo Junkie. Sexe, drogue et biopolitique, publié chez Grasset en 2008, dont elle dit, au début : « Ce livre n’a aucune raison d’être, hors de la marge d’incertitude qui existe entre moi et mes sexes, tous imaginaires, entre trois langues qui ne m’appartiennent pas, entre toi-vivant et toi-mort ( “toi“ étant en l’occurrence Guillaume Dustan, qui conduisit lui aussi tout un travail d’écriture que l’on peut qualifier de porno-fiction), entre mon désir de porter ta lignée et l’impossibilité de ressusciter ton sperme, entre tes livres éternels et silencieux et le flot de paroles qui se presse pour sortir par mes doigts, entre la testostérone et mon corps, entre V. et mon amour pour V. » ;

et Pornotopie : Playboy et l’invention de la sexualité multimédia, publié aux éd. Climats en 2011.

Paul Ardenne 

Philosophe de l’art, historien de l’art, il a publié de nombreux ouvrages notamment sur le sujet du corps dans l’art dont il est un spécialiste incontesté – je citerai notamment L’image Corps (Editions du Regard, 2001), Extrême, esthétiques de la limite dépassée (Flammarion, 2006) ainsi que deux ouvrages récemment parus dans la série « Corpopoétiques », un concept et une série que Paul Ardenne a créée, basée sur l’idée qui si oui nous naissons avec un corps donné, ce corps nous le construisons aussi, continuellement, nous le « poétisons » (en sachant que « poétique » en l’occurrence fait autant référence au terme étymologique de « poieo », qui en grec signifie faire, qu’à la poésie). Outre un spécialiste du corps dans l’art, Paul Ardenne est également écrivain.

Il est aussi un grand connaisseur de Guy Debord et de la notion de détournement que ce dernier a développée et qui s’applique très directement au film de Michaela Spiegel, et pour ce qui est de Freud, je rappellerai que le tout premier article publié par Paul Ardenne, écrit à l’époque pour la Sorbonne, parlait de la théorie freudienne de l’art…

***

Ce que nous attendons de cette soirée, c’est une confirmation des termes de Kant par lesquels commence le film – Kant parlant de minorité de l’homme et de majorité, au sens très probablement d’immaturité et de maturité – ce que nous attendons donc, c’est qu’elle contribue au passage de notre immaturité en ce qui concerne la question du genre à une vraie maturité de l’approche de la question du genre.

***

Après cette introduction, la projection du film EMMANUELLE KANT a été suivie d’une discussion passionnée entre les orateurs de la table ronde et le public. Vous trouverez bientôt les textes des orateurs ainsi que l’essentiel de la discussion sur ce blog.

Vous pouvez aussi lire les textes du philosophe Kant utilisés pour et dits dans le film en cliquant ici.

Et pour ceux qui n’auraient pas eu la possibilité de voir le film au Palais de Tokyo, sachez que d’autres séances de projection seront organisées, avec Ruben Gallo et l’artiste, en France, en Suisse, en Autriche et ailleurs dans le monde.

2 commentaires leave one →
  1. mai 26, 2014 2:36

    A reblogué ceci sur arno wm nollen.

  2. Pauline permalink
    mai 30, 2014 12:32

    Merci Barbara Polla pour cette projection inédite et pour avoir réuni ces différents intellectuels autour de Michaela Spiegel. Ces interventions brillantes ont su faire écho à l’oeuvre de l’artiste. Et les échanges parfois tendus ont montrés que penser le porno (puisque la discussion a dérivé de l’érotisme d’Emmanuelle au genre pornographique) et ainsi penser en creux les liens sociaux, la question du genre, la place du politique, de la condition féminine, n’est pas si évident… Et résolument contemporain. Réjouissant ! Sapere -et videre- aude !

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