Skip to content

BLACKBIRD

décembre 14, 2014

Eric Winarto, Work in Progress

Nel mezzo del cammin di nostra vita / Mi ritrovai per una selva oscura / Ché la diritta via era smarrita (Dante)

Première exposition d’Eric Winarto à Analix Forever à Genève

Après “L’Oiseau Volé” à Paris, “Blackbird” à Genève

Vernissage le mardi 16 décembre à 19h, Analix Forever, 2 rue de Hesse

Lecture de “Comment je suis Oiseau” par Paul Ardenne le mercredi 17 décembre à 19h

Dans l’atelier d’Eric Winarto à l’Atelier Kugler, 19 rue de la Jonction, Genève

Apéritif festif en l’honneur des oiseaux

Avant le vernissage du 16 janvier : promenade proposée par Barbara Polla à travers les expositions d’Eric Winarto à Genève :

RV au Centre d’Art Contemporain à 17h30, Andata Ritorno 18h15, Analix Forever à 19h

Eric Winarto peint et dessine. La forêt, en particulier, et, comme écrit à son propos Alberto Manguel, « … les constructions d’Eric Winarto sont des espaces que nous traversons afin d’en ressortir plus conscients de notre humanité. Ils arrivent à la fin d’une longue succession de forêts (…). Toutes sont des forêts à la limite d’autres mondes, des forêts de la nuit de l’âme, de l’agonie érotique, de la menace visionnaire, du dernier chancellement du grand âge et du déploiement du désir adolescent. » Des forêts de Winarto, depuis aussi longtemps qu’il les peint et les dessine, émergent des oiseaux, du fond de la lumière. Des oiseaux bleus, car Winarto éprouve pour cette couleur immatérielle un goût particulier. Dans les paysages de Winarto, dans ces mondes intérieurs, l’oiseau, lointaine présence dans un ciel énigmatique, structure l’espace. Selon l’artiste lui-même : « La liberté à laquelle je m’attache est souvent fragile, on l’aperçoit peu, on l’ignore parfois, car elle est souvent trop petite dans l’immensité du ciel ou trop invisible dans la préoccupation vitale de tous les jours où la survie devient le seul chemin possible. Pourtant, s’il est un phare pour nous guider dans ce labyrinthe sans issue, dans cette nuit aussi opaque que l’encre portant sur sa propre ombre, c’est bien l’oiseau frêle qui émeut toujours la vie. » L’oiseau comme guide.

Exposition ouverte de 15 à 21h du 17 décembre au 15 janvier

Avec nos remerciements à Charlotte Moser pour son soutien constant

Extrait de Comment je suis Oiseau, le dernier livre de Paul Ardenne :

Le soleil monte, midi bientôt. L’atmosphère commence à brûler. Le ciel très haut au-dessus du Bosphore est vide. Je fixe ce vide. J’arrête de marcher. J’entreferme mes yeux. J’attends. Je fais aussi le vide en moi, le même vide que celui du ciel turc, blanc de lumière. Voilà. Elle est apparue, entre mes paupières. Elle se découpe de façon de plus en plus nette sur le ciel blanc, comme un grain de café sur le lait. Je lui dis, en moi : « Ouvre tes ailes, à présent. Fais-les battre de toute l’énergie de tes pectoraux. Commence ton surplace face au soleil. » Je la vois battre des ailes. Bien. Elle m’a compris. C’est la même alouette qu’à Montroy, celle de mon enfance, elle s’immobilise d’identique façon, son poitrail gonflé face aux rayons comme le miroir d’une centrale solaire, égoïste, se dilate de prendre pour lui l’entière chaleur venue du rayonnement. Je lui dis : « Chante ». Elle chante. « Sois ivre ». Elle paraît ivre. Je rêve éveillé ? Oui. Rien qu’une alouette suspendue dans l’air, faisant du sur-place toutes ailes vibrantes, ivre face au Soleil. Une hallucination.


 

Nel mezzo del cammin di nostra vita / Mi ritrovai per una selva oscura / Ché la diritta via era smarrita (Dante)

First solo show of Eric Winarto @ Analix Forever in Geneva

After “The Stolen Bird” in Paris, “Blackbird” in Geneva

Opening, Tuesday December 16, 7pm, Analix Forever, 2 rue de Hesse

Readings of “How I am a bird” by Paul Ardenne on Wednesday, December 17, 7pm

In Eric Winarto’s studio at Atelier Kugler, 19 rue de la Jonction, Geneva

Cocktail in honor of the birds

Before the opening, on January 16 : Barbara Polla invites you to a tour of Eric Winarto’s shows in Geneva

Please meet us at Centre d’Art Contemporain at 5.30 pm, at Andata Ritorno at 6.15 pm and at Analix Forever at 7pm

Eric Winarto paints and draws. His great subject is forests. As Alberto Manguel has written, “Eric Winarto’s constructions are spaces that we cross in order to emerge with a greater consciousness of our humanity. They come at the present end of a long succession of forests […] These are all forests on the edge of other worlds, forests of the night of the soul, of erotic agony, of visionary threat, of the final totterings of old age, of the unfolding of adolescent longing.” Ever since Winarto has been painting and drawing forests, birds have continued to emerge from their luminous ground. Blue birds, because Winarto feels a special attraction to this immaterial colour. In his landscapes, in these inner worlds, the bird, that distant presence in an enigmatic sky, structures the space. According to the artist himself, “The freedom that attracts me is often fragile. It is little seen, sometimes we are unaware of it, for it is often too small in the immensity of the sky or too invisible in our vital everyday concerns when survival is the only possible orientation. And yet if it is there like a beacon to guide us in this labyrinth where there is no exit, in this ink-thick darkness that carries its own shadow, it is because the frail bird always touches life at its heart.” The bird as guide.

The show will be open from 3 to 9 pm from December 17 to Juanary 15

Warm thanks to Charlotte Moser for her constant support

And from How I am a bird, the latest book by Paul Ardenne:

The sun is rising. Soon it’ll be midday. The atmosphere is getting burning hot. The sky, high above the Bosphorus, is empty. I stare at this emptiness. I stop walking. I half-close my eyes. I wait. And I empty myself within, with the same emptiness as the Turkish sky, white with light. There. A lark has appeared, between my eyelids. Standing out clearer and clearer against the white sky, like a speck of coffee on the milk. I say to it, within myself: “Open your wings now. Make them beat with all the energy of your pectorals. Start your still motion facing the sun.” I see wings beat. Good. It has understood me. It is the same lark as at Montroy, the lark of my childhood. It is identically still, its chest swelling to the rays like the mirror of a solar power station, selfish, taking for itself all the heat from the radiance. “Sing,” I tell it. It sings. “Be drunk.” It seems drunk. I am dreaming awake. Nothing but a lark, hovering still, all wings vibrant, drunk with the Sun. A hallucination.

 

This email was sent to *|EMAIL|*

why did I get this?    unsubscribe from this list    update subscription preferences

*|LIST:ADDRESSLINE|*

No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s