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Maro Michalakakos au Château, avec Jan Fabre et Isabelle Chapuis

mars 11, 2016

À l’ombre des murs du Château des Adhémar et de l’aile protectrice d’un géant de l’art sous toutes ses formes, Jan Fabre, les deux jeunes artistes que sont Isabelle Chapuis (France) et Maro Michalakakos (Grèce) déploient leur « Matières à rêver ».Capture d’écran 2016-03-11 à 09.19.29

Ce qui lie les deux artistes ? Les tissus d’abord. Isabelle Chapuis fait appel à la costumière Aurélia Maury pour réaliser une immense étoffe d’où émerge une robe entièrement cousue à la main, le tout d’une seule et même pièce, pour en couvrir la célèbre Luisa Casati (1881/1957). L’image qui en résulte, réminiscente du portrait que fit de la marquise italienne le peintre Giovanni Boldini, se reflète dans une autre matière, fondamentale, qui murmure à nos oreilles… Maro Michalakakos travaille le velours, pourpre de préférence, voluptueux, somptueux, plein de secrets, mais le travaille au scalpel, à mains nues, créant par ablation des bas reliefs inversés qui du haut de la loggia comme de la grande salle, semblent nous regarder, nous suivre des yeux. Ces œuvres veloutées sont à la fois spectacles et spectateurs, inquiétantes et douces, secrètes et formidablement présentes.

Ce qui les distingue, aussi ? Leurs mediums d’abord. Isabelle Chapuis est photographe, Maro Michalakakos est sculpteur. Leurs passions, ensuite : une passion pour le détail dans le cas de Chapuis, une passion pour le geste dans le cas de Michalakakos.

Les photographies de corps d’Isabelle Chapuis, corps dont elle ne montre parfois que des fragments, que des phanères, sont pour l’artiste une manière de faire « l’éloge du détail », selon ses propres termes – voir du défaut parfois, à peine visible, mais qui singularise, qui personnalise plus que tout autre. Eloge du détail, aussi, dans le raffinement extrême de la technique photographique d’Isabelle Chapuis.

Les sculptures de Maro Michalakakos, elles, nous parlent du geste de la créatrice, à la fois minutieux et ample ; précis, voire agressif, mais aussi tendre et complice de la matière. L’originalité absolue des œuvres de Michalakakos résulte de la combinaison longuement travaillée d’une « Weltanschauung » (une manière de voir et de donner à voir le monde) très personnelle et de cette complicité avec une matière rarement utilisée, le velours, comme s’il s’agissait de recouvrir les défauts de ce monde, tout en les révélant par transparence.

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©Maro Michalakakos

Ce qui lie encore les œuvres des deux artistes, et qui nous fait rêver ? La beauté. « Violente beauté » pour Maro Michalakakos (selon le titre du catalogue que lui consacra l’historien de l’art et critique Paul Ardenne). Une beauté qui nous parle de la femme et de ses emprisonnements, sans jamais la montrer explicitement. Une beauté libre, dans le cas d’Isabelle Chapuis, qui nous présente, altières et somptueuses, ces matières à rêver que sont les coiffes. Portées, en l’occurrence, par une Ménine, une Miao, par la Vespucci et la Kamala.

Et encore… la générosité des œuvres, le mélange, et les multiples références aux arts du passé, qu’il s’agisse de littérature, de mythes ou d’arts plastiques, et qui font de cette exposition, « Matières à rêver », grâce aux artistes mais aussi à la vision de la directrice du Centre d’art, une exposition « postmoderne » au sens le plus strict du terme. L’art, sans fin.

En savoir plus sur l’exposition, cliquer ici.

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