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Abdul Rahman Katanani, entre Beyrouth, Paris & Anglet

juin 29, 2016
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Rencontre au Liban entre Jack lang & Abdul Rahman Katanani dont l’une des oeuvres – olive tree – est actuellement exposée à l’IMA dans l’exposition « Jardins d’Orient »

Abdul Rahman Katanani exposera son jardin d’olivier durant « RIVAGE, RIVAGES »

LA BIENNALE INTERNATIONALE D’ART CONTEMPORAIN D’ANGLET-CÔTE BASQUE

26 août-2 novembre 2016

Vue d'installation de la forêt d'oliviers de Katanani lors de l'exposition "Le Sens de la Peine" à l'espace d'art de la Terrasse de Nanterre début 2016.

Vue d’installation de la forêt d’oliviers de Katanani lors de l’exposition « Le Sens de la Peine » à l’espace d’art de la Terrasse de Nanterre début 2016.

L’artiste utilise des matériaux « pauvres » pour ses sculptures – des matériaux trouvés, de récupération. Ce choix résulte d’un impératif, quand on œuvre dans le contexte qui est le sien : né dans le camp palestinien de Sabra, à Beyrouth, il y vit et il y travaille. Il s’agit, pour l’artiste, d’extraire la joie de l’absurdité même de la vie des camps, et de témoigner de cette joie, de cette résilience. Comme dans Un Merveilleux Malheur, le célèbre livre de Boris Cyrulnik, cette résilience de joie est comprise non comme un acquis mais comme une discipline farouche et un travail constant, sur soi et sur le monde. Selon les propres termes d’Abdul Rahman Katanani, l’occupation commence en nous. Si on ne cherche pas à s’émanciper, on restera enfermé toute notre vie. Créer dans le camp, pour l’artiste, est encore une forme d’évasion, pour lui comme pour les autres, ses proches notamment : « Quand je sors mes œuvres de mon atelier, mes voisins se pressent pour les regarder. C’est mon premier public. Ensuite, j’envoie ces pièces dans les expositions en Europe. Ces œuvres voyagent alors que les gens du camp sont bloqués. »

L’œuvre qu’Abdul Rahman Katanani présentera à Anglet est emblématique du thème de la Biennale, à savoir les tensions actuelles qui animent les rivages. Son Jardin d’Oliviers est un oxymoron de violence et de paix. Plusieurs troncs d’oliviers montés sur des socles blancs, partiellement calcinés, sont entourés de fil de fer barbelé, une pour le moins angoissante floraison mais aussi, paradoxalement, un ferment de beauté. Exposée au début de l’année à l’Espace d’Art de la Terrasse à Nanterre, l’œuvre a voyagé d’une municipalité à l’autre, et se retrouve exposée au sein même du patio de la mairie d’Anglet. Elle témoigne d’une collaboration culturelle précieuse entre deux municipalités attachées l’une comme l’autre aux Droits de l’Homme et à la liberté.

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