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C’est parti ! 13e édition des Photaumnales

septembre 27, 2016

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« Histoires d’amour ». Cette édition 2016 des Photaumnales, placée sous le signe de l’amour, se veut généreuse. De même que l’amour nous nourrit, nous exalte, les histoires d’amour dont rendent compte les différentes sections de «Love Stories» sont nourrissantes, et exaltantes. La photographie indexe pour l’occasion des faits amoureux multiples, de fort différentes «histoires d’amour». Rien à cela d’anormal : l’amour, dit-on, décoche ses flèches dans toutes les directions.

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©mounir fatmi

Amour entre les êtres de sexe opposé ou du même sexe, sentimental, platonique ou charnel. Amour social, aussi, engageant plus que le couple. Ou bien encore amour filial, mobilisant plus que cet «autre» avec qui je fais couple à l’occasion, mon aimé(e) qui devient moi. Amour du sacré, également, et amour pour ce qui n’est pas humain mais parfois si proche de nous, si secourable par sa présence affectueuse, et qu’on ne saurait mettre sur la touche – l’animal, par exemple. Enfin, l’amour de soi, le narcissisme, dont on ne peut faire l’économie. Car l’amour de soi dirige nos vies, plus ou moins bien dosé, destructeur quand il est excessif, nous isolant alors de nos semblables, et tout aussi destructeur quand il vient à manquer, nous précipitant dès lors vers le sentiment d’abandon, la dépression, le suicide.

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©Shaun Gladwell

Ouverture totale à l’amour ? Oui. Ouverture sans mesure ? Oui sans hésitation et de manière assumée. Parce qu’il n’est plus temps de donner à l’amour une qualité, de l’inscrire dans des hiérarchies, de celles notamment, héritées de l’idéalisme, fortement suspectes de propagandisme moraliste, qui voue aux gémonies l’amour de chair pour mieux installer au plus haut l’agapé, l’amour que l’on destine au divin. Et parce qu’il n’est plus temps de distinguer entre les formes d’amour. On se fondera, plutôt, sur le mécanisme amoureux, ce flux dispensateur de liens que la nature a déposé dans toutes ses créatures, le conscientisant ou non, et qui est le principe d’attraction. Les corps, comme les atomes qui les font, comme les substances qui les habitent, vivent de mouvement, entre mécanique de la nécessité et activation des flux sensibles. Mouvement fédérateur dans certains cas, et qu’on appellera ici l’«amour», pour simplifier ce qui est une réalité complexe. Nulle exclusive dès lors à nos «histoires d’amour». Ce qui compte, c’est la pulsion et le ressenti. Pas d’abord ce vers quoi tend la pulsion et ce à quoi se destine le ressenti. L’amour, avant d’être un concept, est une sensation.

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©Tejal Shah

Les différentes expositions présentées, dans le cadre des Photaumnales 2016, sous l’étiquette «Love Stories» montrent à l’envi que les photographes contemporains, eux aussi, entretiennent avec l’amour une histoire qui n’est pas une bluette. La relation entre image photographique et amour est solide. Mais elle n’est pas facile. Car la photographie ne possède que cette arme pauvre, pour se faire valoir : l’image, autant dire l’apparence, le plus clair du temps, tant du moins que l’image ne parvient pas à se charger de ce qu’elle montre, manquant alors le statut de l’icône, de l’image renforcée par ce qu’elle « contient ». « Love Stories », dans la diversité de son offre plastique, se présente inévitablement comme un inventaire de stratégies. Comment montrer l’amour ? Comment le figer dans la trame de l’image photographique ? Comment opérer dans le double champ de l’illustration et de l’incarnation, en les jumelant si possible? Les réponses apportées par les photographes représentés dans ces 13e Photaumnales en date sont multiples, et toujours stimulantes pour l’œil comme pour l’esprit. Au spectateur d’en saisir et d’en épuiser la teneur, et d’y retrouver le cas échéant sa propre «fabrique» de l’amour.

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©Ali Kazma

PAUL ARDENNE, COMMISSAIRE DE L’EXPOSITION
BARBARA POLLA, COMMISSAIRE ASSOCIÉE

Pour plus d’informations, cliquer ici.

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