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UNDER THE SKIN, Genève – VIDEO FOREVER, Paris

mars 10, 2017

Vernissage le dimanche 12 mars à 18h, en présence de l’artiste
Maison des Arts du Grütli, Espace Hornung

Les murs de l’espace Hornung au Grütli sont tapissés des photographies As a Black Man, inspirées de John Howard Griffin, journaliste blanc qui choisit de devenir noir, une transformation qui noircit son existence même. En 1959, Griffin effectue un voyage dans le sud des États-Unis dans le but d’y subir une série d’interventions destinées à noircir sa peau et à en faire un homme « noir ». Griffin a poussé l’expérience de l’Autre au point de se transformer en lui.

Sur ce fond angoissant de racisme persistant, la série Blinding Light apporte l’espoir. mounir fatmi s’est inspiré, pour ce travail, d’un tableau de Fra Angelico intitulé La Guérison du Diacre Justinien. Le sujet en est un miracle posthume réalisé par Saint Côme et Saint Damien, deux frères jumeaux médecins, d’origine syrienne, convertis au christianisme, martyrisés et sanctifiés. Le diacre Justinien avait la jambe en perdition, alors les deux frères lui greffèrent, pendant son sommeil, la jambe d’un éthiopien reposant à Saint Pierre. mounir fatmi pose une fois encore la question de la singularité, de l’identité, de la greffe et notamment de la greffe culturelle. Et dans les miroirs qu’il nous offre, nous nous retrouvons nous-mêmes : nous humains et cette lumière aveuglante de notre propre réalité fantasmée.

En parallèle, à la galerie Analix Forever, sont montrées de mounir fatmi les vidéos History is not mine et The Darkening Process – ainsi que l’exposition RESILIENCE d’Abdul Rahman Katanani (jusqu’au 19 avril).

Under the skin, c’est aussi un poème de Barbara Polla pour mounir fatmi : cliquez ici pour le découvrir.

Remerciements au FIFDH, à la Ville de Genève, à Isabelle Gattiker et à toute son équipe.

 

VIDEO FOREVER 32 *DUO*
Projection le 15 mars à 19h30 à Paris
Musée de la Chasse et de la Nature
62 Rue des Archives, 75003 Paris

Avec, entre autres, Janet Biggs, Sean Capone, Brice Dellsperger, Shaun Gladwell, Dana Hoey, Gabriella & Silvana Mangano, Tuomo Manninen, Angela Marzullo, Yves Netzhammer, Luana Perilli, Tom Pnini, Shannon Plumb, Jhafis Quintero, RAYMUNDO, Matt Saunders.

 
En ce moment au Musée de la Chasse et de la Nature, un improbable duo d’artistes nous donne à voir comment le travail en commun entre deux artistes, en l’occurrence Roger Ballen, photographe, et Hans Lemmen, dessinateur inspiré par les enjeux liés aux représentations de la nature, peut gommer la distance qui les sépare. C’est dans ce cadre du DUO que s’inscrit VIDEO FOREVER – l’idée étant non pas de montrer les œuvres de duos d’artistes, dont l’histoire est riche – mais d’œuvres vidéo qui explorent le thème du DUO, thème fondamental de la création. Le Duo, le Double, le Doppelgänger, sont récurrents de toute l’histoire de la création, littéraire aussi bien qu’artistique et chaque duo recèle en filigrane la notion de duel.

En opposition au couple, le DUO a pour lui sa très grande malléabilité. Le cinéma en fournit maints exemples, entre Laurel et Hardy, à un bout du spectre, et les robots R2-D2 et 6po à l’autre extrémité. Le DUO n’induit pas la vie commune mais se nourrit d’un destin commun, qui n’est pas d’abord signifié par l’amour, l’affect, mais plutôt par la réciprocité. Là où un couple amoureux fusionne, le DUO met en scène deux entités qui jouent leur propre partition en s’épaulant l’une l’autre en fonction d’un but commun. Le DUO n’est lui-même que dans un mouvement permanent entre l’acceptation de l’autre et la tension avec l’autre.

Revenons au cinéma, dont on retrouve des accents dans l’art vidéo contemporain et pointons, le concernant, la multitude de duos dont l’intérêt vient de cette imparfaite condition du lien : Deux flics à Miami, 48 heures, et tant d’autres. La vidéo, elle, est un medium de choix pour la représentation du duo, que ce soit par la double projection, l’image en miroir, le speculum mentis, le portrait et l’autoportrait, le duo de l’artiste avec lui-même, jusqu’au duel. Car le DUO c’est aussi la mise en exergue du principe schizophrénique, lorsque Dr. Jekyll devient Mr. Hyde ou quand Le Horla de Maupassant piste dans son être propre la présence d’un autre qui est lui sans l’être. La fécondité thématique du DUO se nourrit de cette variabilité : deux êtres différents et le risque permanent de l’égarement, de la dissolution de l’un dans l’autre.

Remerciements à Anna & Francesco Tampieri (Tom Pnini) et à la Galerie Anna Schwartz (Gabriella & Silvana Mangano).

Entrée libre. Inscription indispensable à l’adresse suivante : reservation@chassenature.org

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