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THE BEST BORDER IS NO BORDER

mars 28, 2017

RÉSILIENCE, l’exposition d’Abdul Rahman Katanani est toujours visible à la Galerie Analix, jusq’au 19 mars!

Abdul Rahman Katanini, lors du vernissage de son exposition RÉSILIENCE / (swissinfo.ch)

Interview de l’artiste sur my BIG GENEVA par Nathalie Mastail-Hirosawa

Présentée dans le cadre du 15ème Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains, je ne suis pas surprise de retrouver Isabelle Gattiker directrice du FIFDH au vernissage.
Artiste palestinien, qui a grandit dans le camp de Sabra à Beyrouth, il travaille sur le thème des frontières. Celles, visibles, de ces barbelés qu’il sculpte, mais surtout celles cachées, nos propres limites, les plus difficiles à dépasser.
Je le retrouve un matin à la galerie, autour d’un café, accompagnée par sa gentillesse et celle de Chiara Bertini, responsable de la galerie, je suis assise devant nous cette phrase qu’il a inscrite sur le mur: “the best border is no border“. Un flot d’émotions me submerge.

Pourquoi l’as-tu écrite, que signifie-t-elle pour toi?
Que c’est mieux de vivre sans frontières intérieures. C’est un challenge pour se découvrir, trouver la solution pour dépasser chaque difficulté rencontrée, parce que le seul vrai problème, c’est arrêter d’essayer. Nos premières frontières sont posées par nos parents. Ils nous souhaitent à l’image des ambitions qu’ils nourrissent pour nous, que nous réussissions dans tel ou tel chemin. Mais l’enfant doit faire ses propres expériences, sentir lui-même la douleur, bien sûr sans se faire trop mal…

Tu as choisi le barbelé, hier on me disait: “j’espère qu’il utilise des gants pour protéger ses mains (en fait non…), comment arrives-tu à modeler ces fils?
Travailler le métal, le fil barbelé, c’est une sorte de méditation. Je cherche une harmonie, ne la trouve pas, je me blesse, je me pique. Je dois concentrer toute mon énergie pour trouver comment sculpter cette matière, ne pas la laisser me limiter, pour la modeler selon mon envie, à ma façon.

Comment es-tu arrivé, dans ton travail, à vouloir utiliser ces ronces métalliques?
J’ai commencé par me demander comment éliminer les barrières, les souffrances du camp par la seule force de l’imagination. Les enfants m’ont donné la réponse par leurs jeux, les barrières s’effacent de leurs esprits même au milieu de la misère. En les observant et en m’amusant avec eux, j’ai rapproché les cordes à sauter d’une image de frontière. Cette corde, à chaque fois que tu passes par-dessus, cela symbolise le passage d’une frontière. L’imagination des enfants est bien plus forte que la nôtre. Adultes nous devenons comme des arbres sur lesquels il ne resterait que du bois, il n’y a plus de fleurs, ni de feuilles, parce que nos barrières nous limitent.

Pourquoi des arbres?
En Palestine les oliviers sont millénaires. Héritages transmis de génération en génération, quand ils sont rasés pour construire des colonies, nos racines sont arrachées. C’est un arbre de paix, il dégage de la douceur, mais il arrive aussi à pousser sur des territoires occupés, comme un symbole de résistance. Il y a 20 ans, j’étais bloqué dans un camp, je participais à des manifestations, limité à cette seule vision inculquée: il n’y a pas de vie en dehors des camps. Puis j’ai pris conscience de la corruption présente, développé un esprit critique et voulu voir par moi-même ce “dehors”.
Dans ma recherche artistique, j’ai commencé avec des caricatures. A travers elles, j’ai réalisé que les camps ressemblent à des cimetières, remplis de vivants qui attendent leur mort.
Fin 2012, j’ai eu la chance de faire une résidence de trois mois à la Cité des arts à Paris. J’y ai développé une plus large vision du monde. En visitant les musées parisiens, j’ai compris que je pouvais créer “plus grand”, prendre de l’espace et interagir/transmettre des idées à un vaste public. Aujourd’hui avec les technologies, les réseaux sociaux, nous sommes directement connectés au monde, sans frontières je peux provoquer des réactions à un niveau international et de manière instantanée.

Quelles réactions cherches-tu ? En quelques mots, que dis-tu au travers de tes œuvres?
Fais ce que tu aimes faire, sans avoir peur. Même si ça ne marche pas, tu seras toujours gagnant car tu auras essayé. Continue, ne laisse pas tomber et tu trouveras.

Et retrouver RÉSILIENCE, d’Abdul Rahman Katanani sur SWISSINFOJUSTICEINFO et TRAJECTOIRE.

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