Skip to content

DANCE WITH ME VIDEO / LA MUSIQUE DANSE – dernier week end à la MEP

juin 16, 2017

Le samedi 17 et dimanche 18 juin de 14h30 à 15h00

à la Maison Européenne de la Photographie (rue de Fourcy, 75003)

DANCE WITH ME VIDEO

Jeux d’arabesques et de pirouettes en série chez Mary Poppins. La séquence composée par Fiévet est tirée du film musical américain de Robert Stevenson et adapté du roman éponyme de Pamela L. Travers. On y découvre le personnage de Bert dansant accompagné d’un groupe de pingouins sur une chanson de Richard Sherman prenant ici tout son sens : la Penguin Dance. Mary, admirant la scène, semble conquise par cette chorégraphie singulière qui joue sur la désarticulation des corps et la répétition des gestes alors que Bert semble léviter. À mi-chemin entre spectacle de clown et leçon de danse à la Gene Kelly, la vidéo de Fiévet joue habilement avec le ridicule et la prouesse de la chorégraphie. Si nous n’avions plus à obéir à la gravité, à nos articulations douloureuses et à la rigidité de nos chaussures, à quoi ressemblerait notre danse ? Laurent Fiévet nous offre un fragment de réponse et nous montre que la musique peut transcender aussi bien les esprits que les corps.

 

Tobias Bernstrup est un artiste plasticien qui produit et performe de la musique. Le processus musique-performance est au centre de son œuvre : un processus éminemment “plastique”. Le langage visuel de la culture pop et plus spécifiquement du gothique noir module et modèle l’univers artistique qui est le sien, au sein duquel il se meut et nous entraine dans sa danse, personnage ambigu, croisant les genres, homme-femme, musicien virtuel et réel, avatar de lui-même et de ses jeux vidéos… Mais la musique, d’un genre nouveau d’italo-disco et composée par Bernstrup lui-même, est bien réelle et nous entraine dans la danse, irrésistiblement.

 

« see no evil,
hear no evil,
speak no evil »

Ça swing chez Hale Tenger ! Hologrammes de singes démultipliés et suspendus dans l’espace intersidéral bougent au rythme de « swing on a star », un air jazzy mythique des années 40. Comment ne pas être happer par l’envie de bouger son corps face à un tel cocktail ? Tenger réutilise ici l’image et la symbolique du singe, déjà présente dans ses travaux les plus anciens questionnant les conséquences de l’histoire politique et sociale en Turquie. L’artiste interroge le spectateur : comment le manque de responsabilité morale et l’ignorance perdurent-elles dans nos sociétés ? Hale Tenger choisit l’humour et nous plonge malgré nous dans une atmosphère méditative… joie ironique.

 

Petra Innanen, figure majeure de l’art burlesque finlandais présente dans Private Dancers un homme torse nu dont les tatouages prennent vie. Ici, la musique entraine l’absurde et permet de réveiller l’inanimé. Deux midinettes se trémoussent ainsi sur une musique burlesque des année 10 : une Betty Boop sur le bras gauche, une Joséphine Baker sur le bras droit. On peut lire la joie sur le visage de cet homme lorsque ses avant bras se transforment en dance-floor. Pleine d’humour, cette vidéo ravive, grâce à la musique, une mémoire enfouie et nous fait sourire en nous renvoyant aux images frivoles d’un autre temps.

 

Fun attitude chez l’artiste Teemu Keisteri ! L’artiste s’inspire des phénomènes culturels, du mode de vie finlandais et utilise son propre corps pour mettre en scène ses œuvres. Avec Finnish Guy Dancing, Keisteri nous fait découvrir, dans un environnement de chambre d’adolescent, son personnage d’apparence risible : Ukkeli. Vêtu de son mini short en jean et de ses lunettes vintage, le danseur à la coupe au bol va improviser un strip-tease maladroit sur de la musique électronique entrainante.  Malaise jubilatoire ! En se tournant en autodérision et en avançant à contre-culture, Keisteri partage l’image jouissive d’un plaisir personnel qui s’affranchit des normes sociales. 

 

« Avec 104/401, j’ai tenté de traduire en image mouvante l’énergie créatrice folle qui se dégage d’un espace comme le 104 à Paris. J’ai filmé ces danseurs anonymes qui, en solitaire ou en collectif, créent une nouvelle forme de communication, de grammaire grâce à leurs corps et à leurs mouvements. Fragilité, puissance, tonicité, douceur, rythme, dissonance, résistance, liquidité sont autant de mots qui me sont apparus en réalisant cette vidéo. C’est ce qui a fait naitre en moi l’idée d’établir un jeu de miroir entre les corps en mouvement et les images de l’écoulement de l’eau, de la Seine en l’occurrence. Que les danseurs / danseuses pratiquent le hip hop, la samba, la danse classique ou contemporaine, tous sont liés par le désir profond de s’exprimer avec leurs corps, de se libérer de son emprise physique. Ils se rendent ainsi compte des limites du corps, de l’impossibilité de s’affranchir réellement et entièrement des contraintes corporelles ; et plus le corps manifeste sa résistance, plus la rage de vivre se fait sentir à l’image. Image tournée au ralenti que j’ai tenté « d’habiller » avec une composition de sons enregistrés, de musiques ralenties (ou non), et de silences. D’après Paul Valéry, la danse est la création d’une espèce de temps, ou d’un temps d’une espèce toute distincte et singulière dans laquelle le silence peut prendre tout son sens. Il en va de même de la vidéo. » 

 

Le Fugitif est une chanson de Pietra Montecorvino, une chanson qui est toute une histoire : celle d’un petit garçon qui attend son père… mais en réalité il faut être napolitain pour la comprendre, cette histoire. L’image, le jeu, la musique, la danse en revanche n’ont nul besoin de traduction. Il suffit de se laisser couler dans un siège imaginaire du Trianon, ce théâtre populaire de Naples où la voix rauque de Pietra Montecorvino (de son vrai nom Barbara D’Alessandro et actrice autant que chanteuse) a fait danser plus d’un cœur au fil des ans. Silvestro nous fait danser de concert sur la « musique de papa » par le swing de ses images qui ne reculent devant aucun cliché pour nous é-mouvoir. Nous sommes à Naples, au Trianon, la coïncidence est parfaite : l’artiste, la musique et la danse y sont aussi.

Entre film de fiction, vidéo d’art et documentaire, Les six saisons est la quatrième œuvre de Gilles Delmas sur la création chorégraphique. Ce film/miroir poétique suit la genèse du spectacle solo du chorégraphe Akram Khan, intitulé Desh (signifiant « terre ») et a été récompensé en 2013 du prix du meilleur film/meilleur documentaire lors du San Francisco Dance Film Festival. Avec ce film, Gilles Delmas se fait le témoin du regard qu’Akram Khan porte sur ses origines : le Bengladesh. On ressent que chaque mouvement du chorégraphe, qui a grandi et vit à Londres, recherche l’écho avec ce qui ne résonnent pas naturellement en lui : « les briques cassées, les terres inondées, les herbes si hautes, les toits en tôle ». Mais le chorégraphe, selon ses termes : « recommence car il a oublié. » Les Six Saisons, comme un poème : des fragments montrant un peuple, un artiste qui a migré… Les images soutiennent ce rêve de retour dans un studio face à un miroir, où finalement tout serait illusion. L’émotion est palpable. La musique, qui accompagne tout au long du film Akram Khan, permet d’ouvrir des portes et offre un espace où les émotions se libèrent, se démultiplient.

 

DANCE WITH ME VIDEO continue… le 30 juin prochain au SILENCIO

Plus d’informations, ici.

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :