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Les sanctuaires de Curtis Santiago, ce soir à Genève

décembre 14, 2017

Curtis Santiago, Galerie Analix Forever

Genève du 14 décembre 2017 au 14 février 2018

San Papier II Deluge 7Barbara Polla présente la première exposition en Europe de Curtis Santiago. Né à Trinidad, l’artiste canadien développe  des recherches multimédias étendues jusqu’à la musique et la performance. Il est reconnu pour ses « boîtiers » et ses peintures pop art et art brut. Ses peintures trahissent l’influence de Basquiat et des artistes autodidactes. Comme pour eux l’art est pour lui un moyen de montrer le monde tel qu’il est mais le caricaturant, le grossissant ou en le réduisant. Ses images hybrides sont nourries par le mouvement des « cultural studies » et sa mise en exergues de toutes les minorités.

A travers les dioramas des séries « infinity » Santiago scénarise le monde sur une échelle la plus réduite possible. Ces représentations sont positionnées dans des boîtiers de poudre, de bijoux ou de cigarettes et autres boîtes à musique. Ce choix n’a rien d’anodin et propose une médiation particulière d’un genre volontairement « pauvre ». Néanmoins les scènes les plus larges ou violentes trouvent là un caractère « précieux » même si l’artiste ne fait pas dans l’orfèvrerie. A mi chemin entre la miniature et une forme de recup-art il n’est pas question dans cette modélisation de transformer les images en objet de porcelaine.

« Porter » sur soi de tels colis fichés devient possible sans pour autant les réduire à  des colifichets.  Les « sculptures » peuvent être considérées comme pense-bêtes où surgissent des détails « réalistes ». Les ensembles baignent dans une atmosphère glauque  ou violente. Une parodie grotesque, macabre ou sublimée touche au pouvoir mystérieux que l’art possède de réinventer le monde et de souligner ses tares ou ses luttes. Le spectateur demeure fasciné par un tel changement d’échelle : la réduction devient un spectacle quasiment intérieur. Surgit en conséquence une nouvelle version de l’esthétique la plus profonde, cachée et « sacrée ». A savoir l' »intima spelunca in intimo sacrario ». On n’est rarement allé aussi loin, plus profond en  de tels  « sanctuaires». Ils sont ici plus humains que religieux.

Jean-Paul Gavard-Perret

Accéder à l’article sur De l’art helvétique contemporain

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