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Confined bodies, free bodies by Valérie Horwitz

avril 10, 2020

Valérie Horwitz_Sans titre_de la série Peines Mineures_2019 © Valérie Horwitz (2)
 
Peines mineures – Minor Punishments: this photographic series by Valérie Horwitz is incredibly timely. Obviously, she did not suspect that when she created it, back in 2019 … but what could be more anchored in our present – and at the same time totally timeless – than the representation of moments of freedom, right now, when we are all confined in one way or another? In Valérie Horwitz’s photographs, we see the barbed wire, we understand that we are in the courtyard of a prison. In this very moment, we also are, all of us, in our personal prisons, behind virtual wires, and are somehow experiencing in our own bodies what imprisonment means.

As much as it seems inadequate to compare the pandemic we are experiencing with war – our comfort, for most of us, can in no way compare to what is happening in Syria – so much it is illusory to imagine that the experience of our confinement can be compared to being jailed: imagine for a moment that tomorrow our governments announce that confinement will last ten years! And yet. Our personal prisons are above all in our minds, more than in our living spaces. Our freedom, too, nests essentially there: in our minds. Imprisonment lasts for long, whether it is physical, behind walls, or mental, our social imprisonments, our gender prisons, all our constraints… Freedom in contrast is just for an intsant. And it is this very moment that Valérie Horwitz shows us in this wonderful series of photographs, Minor Punishments. Wonderful indeed: it is a real wonder to see, to understand, to realize that the detained minor photographed here finds inside her, in her own body, in her own mind, the capacity to be free, at this precise moment the image reveals. If she can – then we can too. This is one of the messages that the artist offers us. So let us admire these images in silence, and let us dance too, in tribute and recognition.

In all her photographic work, Valérie Horwitz explores spaces that constrain, spaces that imprison, first of all our own body : all these spaces that render our inner self, our existence, invisible. It is against this confinement, this invisibility, that she engages with her photographs. In a way, by showing us this young dancing girl, she is canceling the jail itself. She denies its very function. In the game mental space and life play against constraining spaces and death, here, for sure, life wins. Life wins in full beauty.
 
Valérie Horwitz_Sans titre_de la série Peines Mineures_2019 © Valérie Horwitz (7)
 
Peines mineures : ce travail de Valérie Horwitz est incroyablement d’actualité. Evidemment, elle ne s’en doutait pas lorsqu’elle l’a réalisé, en 2019… mais quoi de plus ancré dans notre présent – et en même temps totalement intemporel – que la représentation de moments de liberté alors que nous sommes tous confinés, d’une manière ou d’une autre ? Sur les photographies de Valérie Horwitz, on voit les fils de fer barbelés, on comprend qu’on est dans la cour d’une prison – mais en ce moment, nous sommes tous dans nos prisons personnelles, derrière des fils de fer virtuels, et d’une certaine manière expérimentons dans nos propres corps ce que signifie l’emprisonnement.

Autant il me paraît inadéquat de comparer la pandémie que nous vivons à la guerre – notre confort, pour la plupart d’entre nous, ne saurait en rien se comparer à ce qui se passe en Syrie – autant il est illusoire d’imaginer que l’expérience de notre confinement puisse se comparer à la prison — imaginons un instant que demain nos gouvernements annoncent qu’on en a pour dix ans ! Et pourtant. Nos prisons personnelles, aujourd’hui concrétisées par nos lieux de vie respectifs, sont avant tout dans nos esprits. Notre liberté aussi, c’est bien là qu’elle se niche : avant tout dans nos esprits. L’enfermement dure longtemps, qu’il soit physique, derrière des murs, ou mental : nos emprisonnements sociaux, nos prisons de genre, toutes nos contraintes… La liberté, elle, c’est l’espace d’un instant.
C’est cet instant-là que nous montre Valérie Horwitz dans cette merveilleuse série de photographies, Peines mineures. Merveilleuse oui : c’est bel et bien un émerveillement que de voir, de comprendre, de réaliser que la mineure détenue photographiée ici trouve en elle, en son corps, en son esprit, la capacité d’être libre, en cet instant précis que l’image a saisi. Si elle le peut – alors nous le pouvons aussi. C’est l’un des messages que nous offre l’artiste. Alors, admirons en silence, et dansons nous aussi, en hommage et en reconnaissance.

Valérie Horwitz s’intéresse, dans tout son travail, aux espaces qui contraignent, aux espaces qui enferment – à commencer par notre propre corps – à tous ces espaces qui rendent notre existence propre invisible. C’est contre cet enfermement, cette invisibilité, qu’elle lutte avec ses photographies. D’une certaine manière, en nous donnant à voir cette jeune fille qui danse, elle annule la prison même. Elle la vide de sa fonction. Au jeu à la vie à la mort de l’espace mental contre l’espace qui contraint, c’est la vie qui gagne ici. Elle gagne en toute beauté.

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