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Janet Biggs @ Joslyn Art Museum

juin 3, 2017

Opening today – until September 10, 2017

Joslyn Art Museum, Omaha (USA)

Over the last ten years, Janet Biggs has traveled to some of the most extreme environments in the world, including the remote arctic Norwegian archipelago Svalbard, the Taklamakan Desert in western China, and, most recently, a contested territory in northern Ethiopia known as the Danakil Depression. Through moving image, photography, and performance, Biggs studies the human response to physical and psychological demands. Her Riley CAP Gallery exhibition grapples with this theme through the lens of three video works that examine how individuals push themselves to the limit and the body’s remarkable ability to adapt when confronted with adversity.

For her 2012 video A Step on the Sun, Biggs trekked to Kawah Ijen, a volcano in Java, Indonesia, known for its stunning turquoise lakes and rich sulfur stores. The video follows a miner tasked with harvesting sulfur crystals, a dangerous endeavor that requires enduring the poisonous sulfur-dioxide gas streaming out of fissures in the volcano’s walls. Pitting these harsh working conditions against a pristine landscape, Biggs offers startling, and often haunting, visual juxtapositions. As with all of her work, audio is an essential component of A Step on the Sun. Pairing the sounds of the mine — hissing gas, the miners’ coughs and moans, creaking baskets weighted down with crystals — with forlorn Javanese vocal music and a melodic string composition, the disjointed soundtrack enhances the eerie, otherworldly quality of the video’s setting.


In Written on Wax, made in 2015, Biggs turns the camera on herself. Stemming from her ongoing research of Alzheimer’s, this two-channel video focuses on how memories are formed, retained, and morph over time. On one screen, we watch as Biggs submits herself to electric shock therapy, while the other screen cycles through a variety of moving images — a synchronized swimmer, ocean kayakers, a young girl ice skating. With the appearance of one particular image — a close-up of horses’ hooves as they rhythmically beat against pavement — the artist receives a shock, causing her face and hands to momentarily spasm. Through this process, Biggs learns to associate horses with negative emotions, even though she has happy memories of years spent riding during her youth. At the end of Written on Wax, we see the artist mounting a horse, tentatively at first, and then with confidence, as she attempts to reclaim her positive associations with the animal.

What’s pictured: Janet Biggs (American, born 1959), Vanishing Point, 2009, single-channel HD video, 16:9 format, 10:32 minutes, edition of 5 + 2 AP. Courtesy the artist and Cristin Tierney Gallery, New York.

More information, here.

DANCE WITH ME VIDEO / LA DANSE QUI PARLE à la MEP ce week end

juin 2, 2017

Le samedi 3 et dimanche 4 juin de 14h30 à 15h00

à la Maison Européenne de la Photographie (rue de Fourcy, 75003)

DANCE WITH ME VIDEO

©Laurent Fiévet

Quand l’amour a disparu
Quand le cœur s’en est allé
Du côté des jamais, plus jamais
On ne peut que regretter
L’amour envolé

(La Chanson D’un Jour D’été –
Les Demoiselles De Rochefort)

Avec Rideau !, Laurent Fiévet redonne vie à un duo mythique, celui des Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy. Un duo singulier car l’artiste français fait disparaître, par des effets de miroir agencés au sein de la composition des plans, le personnage de Solange Garnier, interprété dans le film par Françoise Dorléac. Le duo de danse formé avec Catherine Deneuve devient ainsi un duo entre cette dernière et son propre clone. Rideau ! s’ingénie à opérer des effets de désynchronisation dans le numéro chorégraphique et implique de fait l’idée d’une dualité tout en restituant l’identité propre à chacune des jumelles. Pratiquement intacte malgré l’élimination intentionnelle d’un couplet entier de la chanson, la bande sonore joue sur la même ambiguïté en restituant la voix de la disparue. L’œuvre se réfère implicitement à la mort prématurée de Françoise Dorléac en 1967 et aborde la question du travail de deuil. Fiévet nous questionne : les corps et les mots qui dansent ne sont-ils pas un remède au tourbillon de l’existence ? Oui, les mots dansent eux aussi.

 Notre Amour d’Arnold Pasquier est l’un des 27 films à ce jour de ce réalisateur-danseur, ici sur le thème d’une chorégraphie de Christian Rizzo. Interaction constante entre danse et fiction, Notre Amour nous amène vers une issue merveilleuse : une déclaration où les mots et les intonations expriment les sentiments échangés, les regards aussi, plus encore que les corps, les respirations, les portés, les mouvements… La manière très charnelle dont sont filmés ces derniers, le transport des corps les uns par les autres et le son de la respiration, ne sont également pas sans évoquer Masurca Fogo de Pina Bausch. Mais le réalisateur, en se glissant sur scène et en coulisses, va au-delà de la chorégraphie et crée sa propre scénographie. Puis les mots, tels une conclusion car c’est au creux des solitudes que Notre amour se pose, bercé par une chanson murmurée, oh mon amour, oh mon amour.

 

Slowmotion est la seule vidéo dite d’animation de la programmation DANCE WITH ME VIDEO et Julien Serve ce dessinateur d’exception qui crée des portraits avec autant de traits que les vies des portraiturés ont contenu de jours et des dessins par centaines pour créer une minute d’animation. Avec Frank Smith (voir « On reprend » dans le catalogue DANCE WITH ME VIDEO),  il a réalisé « Pour Parler », une œuvre à quatre mains : les sonnets de Frank Smith, les dessins de Julien Serve. Dans Slowmotion, le dessin devient écriture et nous écrit, autant qu’il nous dessine, la danse langoureuse, la tendresse de la danse, les échanges entre les danseurs. Eloge de la lenteur, de la transparence et du silence.

 

Entre film de fiction, vidéo d’art et documentaire, Les six saisons est la quatrième œuvre de Gilles Delmas sur la création chorégraphique. Ce film/miroir poétique suit la genèse du spectacle solo du chorégraphe Akram Khan, intitulé « Desh » (signifiant « terre ») et a été récompensé en 2013 du prix du meilleur film / meilleur documentaire lors du San Francisco Dance Film Festival. Dans les quatre extraits projetés à l’occasion de DANCE WITH ME VIDEO – LA DANSE QUI PARLE, les mots d’Akram Khan, capturés par Delmas, dansent avec les chants traditionnels bengalis qui font à leur tour écho avec le cri des corbeaux et le bruit des marteaux frappant le métal. Avec ce film, Gilles Delmas se fait le témoin du regard qu’Akram Khan porte sur ses origines : le Bengladesh. On ressent que chaque mouvement du chorégraphe, qui a grandi et vit à Londres, recherche l’écho avec les choses qui ne résonnent pas naturellement en lui : « les briques cassées, les terres inondées, les herbes si hautes, les toits en tôle ». Mais le chorégraphe, selon ses termes : « recommence car il a oublié. » Les Six Saisons dont de nouveaux extraits seront montrés lors de la dernière séance de DWMVIDEO (17 & 18 juin) se compose comme un poème, par fragment montrant des images d’un peuple, et d’un artiste qui a migré, les images soutiennent ce rêve de retour dans un studio face à un miroir, où finalement tout serait illusion. La danse comme un poème qui nous est conté…

 

 Dénouement est la mise en scène d’une écriture. Une action dont Ismaïl Bahri nous parle en silence. Cette action consiste à nouer un fil à coudre noir, sur plusieurs dizaines de mètres, dans un paysage enneigé : un cadre blanc séparé par un trait noir vibratile. La vidéo met ainsi en scène, selon les mots de l’artiste, « une écriture d’une grande ténuité formelle, oscillant entre dessin et volume. » D’après Bahrï encore, « Dénouement traite d’une forme d’acuité du regard, en écho aux activités des petites mains focalisées sur l’infime événement qu’est la formation d’un nœud, ou la conduite d’une ligne dans l’espace. Le fil tendu est un tracé en alerte, un vecteur vibratoire véhiculant les pulsations émises par les mains. A l’image du fil d’alerte reliant l’araignée à sa toile, le lien tendu sonde le vide séparant la silhouette noire du spectateur. Il signale l’action des mains à la caméra. Lentement, le corps pénètre le champ de l’image. À mesure qu’il avance, la vidéo progresse vers son dénouement : l’espace-plan devient profond, l’étendue blanche devient paysage et la ligne se fait volume. La formation du nœud s’apparente à une opération d’enveloppement de l’espace traversé, comme si tenir la bobine dans la main revenait à emporter cet espace avec soi. »

Une chorégraphie dont la grammaire redéfinit notre perception.

 

Joanna Malinowska, « anthropologue culturelle », s’intéresse à l’ailleurs et à la musique. Ici l’ailleurs n’est pas loin, puisqu’il s’agit du parc près de son lieu de vie, à Brooklyn, New York. Un autre monde cependant, habité, entre autres, par des compatriotes polonais alcoolisés et sans domicile fixe. Pour Malinowska, ils deviennent danseurs : ils vont représenter chacun l’une des planètes du système solaire et danser jusqu’à l’effondrement de ce système, lancés en orbite libre autour du soleil et de la compositrice japonaise Masami Tomihisa avec laquelle Malinowska a plusieurs fois collaboré. Et « le soleil » de chanter (c’est son anniversaire le jour même du tournage) jusqu’à l’implosion, dans la joie.

Pour retrouver plus d’informations sur le cycle de projections DANCE WITH ME VIDEO, cliquer ici

POÉSIE:DANSE:IMAGE – ON REPREND

mai 31, 2017

Ce soir COALITION à la Maison Hugo, puis LE FILM DES VISAGES à revoir au cinéma 104 de Pantin le 10 juin. Retrouvez aussi le texte de Frank Smith dans le catalogue DANCE WITH ME VIDEO (Maison européenne de la Photographie).

Un corps. Et la poésie dedans. Et inversement. Et inversement dedans dehors. Et inversement dehors dedans. Et comment un corps ? Qu’est-ce ça veut dire, avoir un corps ? Et comment il agit, un corps ? Et que peut-il, un corps ? Corps qui peut, corps qui bouge, corps qui rythme, et corps qui erre, comment ? Mobile, nomade selon quelles migrations et en ligne pour quels projets ? Et inversement : corps nomade selon quelle ligne et en migrations pour quels projets ? Des os et de la viande, comment ils agissent ? Des os et de la viande et le pouvoir en place, comment ? Le pouvoir qui cherche toujours à fixer, à incarcérer, à dominer, et le pouvoir qui se dissémine, comment ? Et la poésie là-dedans ? Qu’est-ce que la poésie ? Dans quels cas la poésie et sous quelles conditions ? Une opération linguistique qui a lieu dans le langage comme toute autre, c’est ça ? Il n’y aurait pas d’autre lieu pour le poème, c’est ça ? Une opération langagière, dans le langage, d’accord ? Alors qu’est-ce qu’il se passe ?

SAVE THE DATE, le 30 juin, Frank Smith sera aussi en conversation avec Janet Biggs et Barbara Polla au SILENCIO.

 

DANSE DANSE ! Ce week end à la MEP

mai 26, 2017

DANCE WITH ME VIDEO !

LA DANSE DANSE ! ce week end à la MEP   samedi 27 et dimanche 28 mai, de 14h30 à 15h00 –  avec des vidéos de Clorinde Durand, Laurent Fiévet, Jenni Hiltunen, David LaChapelle, Kathi Prosser, Jeanne Susplugas  & Lee Yanor.

La danse danse – et quand elle danse, elle danse ! Ici « la méthode Fiévet » est à couper le souffle — au propre comme au figuré, et en regardant ne serait-ce qu’un extrait du film de Fiévet, l’on s’essouffle et l’on s’énergise à la fois. Les spectateurs du fait même de la répétition constante des mouvements virtuoses des danseurs semblent encore plus immobiles qu’ils ne le sont dans le film original (Ce que Femme veux) et le contraste entre les danseurs — « les Nicholas Brothers » — et les spectateurs – ceux du film et nous-mêmes — en est encore accentué. Un travail acrobatique, de la part de Laurent Fiévet tout autant que de la part des Frères Nicholas !

Les chevaux ne mentent jamais. Tel est le titre du premier court métrage de Kathi Prosser, récompensé en 2003 par le Choreography Award for Outstanding Achievement in Short Film (Los Angeles). Cette vidéo sensuelle, filmée dans une écurie, scrute le mythe de la métamorphose : naissance, développement et renouveau sont déclenchés ici par le mouvement. De la danseuse Caroline Richardson émane une énergie follement animale : elle se métamorphose en cheval pour faire véritablement corps avec lui. Puissant, royal et élégant, capable de nous faire parcourir le monde, le cheval symbolise l’instinct, la force de vie, la liberté sans frontières. Dans toute l’Histoire de l’Art, l’Homme a toujours projeté sur la figure du Cheval sa propre nature ambiguë et divine. Kathi Prosser propose un nouveau genre de relation entre l’homme et le cheval, un nouveau dialogue entre culture et nature. La danse libératrice !

Take me to Church, œuvre du chanteur irlandais Hozier, dont la mise en scène a été confiée à David LaChapelle, est devenue iconique, notamment au sein de la communauté LGBT. Véritable chorégraphie politique parfaitement exécutée par le danseur de ballet Sergeï Polounine, cette chanson dont les paroles sont signées Hosier, dénonce en filigrane l’homophobie en Russie. Dévoilant une danse néo-classique et la mise en scène épurée de LaChapelle, la vidéo transporte le spectateur entre extérieur luxuriant et intérieur vide, entre pirouettes impressionnantes et mouvements méditatifs quasi religieux. La caméra ne laisse pas Polounine s’échapper du cadre, de cette grange dans laquelle la lumière semble s’intensifier au fur et à mesure que la chorégraphie avance. Envouté, le spectateur de peut que ressentir une rage de vivre.

Mon aimé/e a le sens de l’humour
Elle rit aux enterrements
Le monde entier désapprouve elle le sait
J’aurais dû la vénérer plus tôt
(Traduction libre, Barbara Polla)

Contrairement à la surenchère pyrotechnique qui envahit chaque jour nos écrans, le film de Clorinde Durand joue avec la soustraction, avec ce que l’on pourrait appeler l’intériorisation de l’apocalypse. Son Naufrage semble un inventaire de nos peurs obsessionnelles. Mais de quoi s’agit-il ? Un accident, une crise nerveuse, une explosion ? La scène pourrait être le point culminant d’un scénario de cauchemar : une émotion purement physique, captée au ralenti. Etrange chorégraphie se déroulant en apesanteur à l’intérieur de bureaux dans lesquels les corps des personnages en costumes et tailleurs valsent aux cotés des classeurs, étagères, feuilles volantes au milieu une poignée de meubles abstraits, sur le point d’être engloutis pas le vide ambiant. Le vide danse lui aussi !

Ironique et sexy, drolatique et séduisant, coloré et entraînant, voici The Grind Show ! Des fesses pleines, souriantes, mobiles, rythmées, virtuoses, charnelles, maîtrisées, dansantes en un mot… et des cuisses à l’envi. Qui plus est, les mouvements originaux sont 40 fois plus rapides (le film est tourné au ralenti) ce qui augmente encore la proximité du spectateur aux danseurs et à leurs formes irrésistibles. Entre humour et provocation, une plénitude à portée de mains. Un exemple de la richesse florissante de l’art vidéo finnois.

Lee Yanor rencontre Pina Bausch en 1994, après son exposition personnelle au centre Pompidou, intitulée « Images de Danse ». Pina Bausch l’invite alors à Wuppertal, pendant l’été 1994, où se déroulait un festival de danse avec plusieurs de ses chorégraphies. Les photographies les plus abstraites de Lee Yanor, inspirées par les notions de mémoire, de traces, de perte, de joie, inspirent à leur tour Pina Bausch qui confie à Lee une « carte blanche ». Coffee with Pina est réalisé en deux temps, en 2003 (Partie I) et 2006 (Partie II). De manière tout à fait exceptionnelle, Pina reprend son solo de Danzon pour Lee Yanor. Plus que d’être fidèle à la chorégraphie, ce film lie le flux des images au flux de l’énergie de la chorégraphe – et de la vidéaste.

Filmé dans la boucherie Emsalem (Paris) à l’occasion du parcours d’art contemporain Carne (commissaires : Anne-Marie Jeannou & Sarah Fossat), le film éponyme (viande en italien) montre une danseuse en tutu court, fantomatique, qui enfile avec la plus grande élégance de ses doigts gantés de cotte de maille des morceaux de viande rouge qu’elle a préalablement coupés sur le billot. Les sons très particuliers de la boucherie accompagnent la danseuse dans sa préparation, puis Verdi reconduit notre imaginaire sur la scène du théâtre où la même danseuse va monter sur ses pointes, entre souffrance (adoucie en l’occurrence par la viande) et jouissance, entre violence et grâce. La danse ici, comme un oxymoron, entre terreur et beauté. Sublime.

ALI KAZMA TODAY @ LOOP

mai 25, 2017

HOUSE OF LETTERS

LOOP ART FAIR
May 25-26
ROOM 37

Hotel Catalonia Ramblas, Carrer de Pelai 28, Barcelona

« For me, books are essential to human life. The eclectic nature of books, their diversity, and the fact that they convey so many contradictory worlds of thoughts and perspectives makes them a bulwark against totalitarianism. … Books encourage you to create a meditative space in your home. Books summon up reading lamps, comfortable chairs, hot tea and silence. Books resist and channel out the noise of the world. When I read, that constant, oppressive murmur is replaced by a clear voice coming from a source that has substance.” (AK)

Ali Kazma loves books. In homage to this affection, he conducted for three years an intensive photographic investigation of the universes of the books that resulted in the publication of RECTO-VERSO. This artist book included a text by Alberto Manguel, one of the greatest book historians of our times. Ali Kazma now also devoted a video to books, thorough Alberto Manguel’s fantastic library – more than 40.000 books that was, until 2015, treasured in a house in the South of France.

House of Letters is a vibrant reflection on literature and culture, books and writers, photography and time, loss and refuge, twilight and daylight… One of its first sentences says: « I, who had always thought of Paradise in form and image as a library ». It brings immediately the viewer in the realm of lost paradise. And the loss is indeed a major feeling that immerses us. Even without knowing the details of Manguel’s move out of France, we get an extremely strong feeling of fragility and threat. We get locked up in a poignant oxymoron between the power of the words and their elusiveness.

House of Letters is the first synchronized diptych video by Ali Kazma. It is not by chance. The artist requires at least two images for his message: the phallus (the pistil) of a flower and the legs of a girl, next to a Vanity: Eros and Thanatos. And then, books… Alice in Wonderland and Moby Dick; Doris Lessing and Through the Looking Glass, Yung and Edgar Allan Poe, Dickens and Kipling, Victor Hugo and Borges, Don Juan and Don Quixote. Alternately, images of the house and of these indispensable companions of books: the lamp that remains on all night, the songs of the birds, the idyllic garden, ancient manuscripts and photographs. The night falls and the crickets start to sing. Whether bewildered or staggered, we have only one wish: look again, while this sentence by Manguel seems to be floating in the air: « There is a line of poetry, a sentence in a fable, a word in an essay, by which my existence is justified ».

This video work is a treasure, but an endangered one and thus an unsettling one, because as stated by William Marx, the discourse of literature about the world, human beings, gods… is a power, undeniably, but a fragile one, the most fragile to deny. House of Letters is not a “safe home” (title of one of Kazma’s latest solo exhibition) because there is actually no such thing as a safe home. Rather, it is a home of desire.

“Books are inexhaustible, and reading never ends.
They may be very fragile… but I cannot imagine living without them.” (AK)

For more information or to get an invitation, please contact barbara.s.polla(at)gmail.com or call +41 79 200 90 36.

 

SAVE THE DATE : Ali Kazma @ Jeu de Paume, Paris, France
October 17, 2017 — January 21, 2018.

 

LA DANSE LIQUIDE ce week end à la MEP – DANCE WITH ME VIDEO !

mai 19, 2017

Ce week end à la MEP   samedi 20 et dimanche 21 mai, de 14h30 à 15h00 – retrouvez LA DANSE LIQUIDE avec des vidéos de Janet Biggs, Laurent Fiévet, Faye Formisano, Enrique Ramirez, Fernanda Rappa & Eléonore Saintagnan.

Gene Kelly évidemment… I’m singing in the rain
Just singing in the rain
What a glorious feelin’
I’m happy again
I’m laughing at clouds
So dark up above
The sun’s in my heart
And I’m ready for love
Come on with the rain
I’ve a smile on my face
I walk down the lane
With a happy refrain
Just singin’,
Singin’ in the rain
Dancin’ in the rain
Because I am living
A life full of you.

Airs Above the Ground : la natation synchronisée devient, dans l’objectif de la vidéaste américaine, une danse inversée, une performance insensée réalisée par une jeunesse à la recherche d’une impossible perfection, se contraignant elle-même de manière plus serrée encore que ne le fait la société. Les images éthérées, toute gravité abolie, en suspension, ralenties, nous révèlent, derrière la magie de la séduction, les efforts immenses qui sous-tendent l’apparente facilité du corps, des mouvements et des gestes. La beauté liquide, la fluidité du résultat tendent à nous faire oublier que les codes imposés sont d’une rigueur maximale – mais sans y réussir et l’inversion des images révèle l’inversion du désir.

 

« Allongée sur une plage, une femme voit sa vie défiler. Gina est hantée par ses souvenirs, ses revenants, les moments décisifs de son histoire. Les fantômes du passé émergent un à un et dansent devant elle à la surface de l’eau, lui recrachant par vagues les histoires oubliées… ».
« Beach Noise est un portrait textile, visuel et chorégraphique. Un spectacle où le design textile s’allie à d’autres disciplines : la danse, le texte et la vidéo. Un spectacle où dansent et s’animent les tissus, les vêtements et les corps, ballottés, remués, refoulés par la mer, et ses éternels ressacs. Une mer de vêtements de 72 mètres carrés envahit la scène pour devenir, plus qu’un décor, une mer à danser, l’objet-contrainte de la chorégraphie. »

Enrique Ramirez présente en ce moment à la Biennale de Venise la vidéo Un Hombre che camina. Enrique Ramirez est aussi l’artiste que nous citons en exergue du catalogue DANCE WITH ME VIDEO,  pour cette phrase qui correspond très exactement à notre perception de la vidéo : « J’ai découvert quelque chose dans la vidéo qui n’existe nulle part ailleurs – je peux travailler avec le son, l’écriture, l’image et l’édition tous à la fois, en mélangeant la fiction avec le documentaire. »
La plupart des vidéos d’Enrique Ramirez ont à voir avec la mer : « Tout d’abord, dit-il, ma famille a un lien fort avec la mer, notamment du fait que mon père fabrique des voiles pour bateaux. J’ai l’impression d’être né dedans. Il y a aussi le lien géographique avec l’immense littoral du Chili : les liens politiques, l’utilisation de la mer pendant la dictature pour faire disparaître des corps… La mer, c’est la seule chose au monde qui demeure inchangée. La mer enfin, telle un lieu d’exil et la mer, encore, ou l’eau, comme essence de la vie. »
Dans Continente n°3, œuvre éminemment poétique, on voit une jeune femme sur un minuscule radeau, en robe blanche, flottant à la dérive sur l’eau alors que le radeau danse sur l’eau… La jeune femme chante « There’s such a lot of worlds » puis soudain disparait, il n’y a plus personne sur le petit radeau…  Le mélange très « ramirezien » de la réalité (les vues sur les berges urbaines, la ville, les ponts…) et d’un certain surréaliste est une manière de communiquer avec le spectateur, une façon de dépasser le réel et l’angoisse qu’il génère.

Ici ce sont les arbres qui dansent. Ils dansent une danse de la mort puisqu’ils vont tomber, coupés à leur base. Mais on ne voit pas les machines qui les scient et le son pourrait être un rythme pour les faire danser… Ils dansent, les arbres, ils se prennent dans les bras les uns des autres, ils flottent, flottent dans l’air liquide, résistent à la chute, se caressent avant de tomber, avec tendresse. Leur danse – leur chute – évoque certaines œuvres de la chorégraphe expérimentale Elizabeth Streb, qui se passionne depuis toujours pour la chute comme forme de destinée humain. La chute des arbres fonctionne comme courroie de transmission de l’émotion, qui coule sans effort des images qui la contiennent au spectateur que nous sommes. Eh bien, dansons maintenant !

L’Esprit de la roche a été tourné alors que l’artiste Eléonore Saintagnan parcourait les environs de Séoul. L’œuvre dessine un voyage au travers de la ville, des forêts, des montagnes qui l’entourent, esquissant un portrait des nombreuses religions et orientations spirituelles de ses habitants. Toute promenade est une chorégraphie, toute incantation, une mise en scène… et ici le temps coule comme la rivière que longe l’artiste, une rivière que l’on entend plus encore qu’on ne la voit, et dont le chant fait écho aux incantations à moins que ce ne soit le contraire. Danse sur la roche, esprit de la rivière…

Remerciements : Galerie Michel Rein, Marie de Paris-Yafil, Central Galeria des arte Sao Paulo.

Retrouvez plus d’informations sur le site de la MEP.

PARIS, GENÈVE, VENISE

mai 17, 2017

PARIS

Conférences – CORPS À L’ŒUVRE

Mercredi 17 mai de 18h30 à 22h
Maison Européenne de la Photographie, 5/7 Rue de Fourcy – 75004 Paris

Le mercredi 17 mai de 18h30 à 22h, vous êtes gracieusement convié/e/s à une soirée de conférences à la Maison Européenne de la Photographie, autour des artistes Martial Cherrier et Barbara Luisi, et du duo Mylène Benoît & Frank Smith.

La première partie sera consacrée au thème du Temps, sculpteur du corps, autour des oeuvres de Martial Cherrier (qui expose en ce moment à la MEP, « Body Ergo Sum ») et de Barbara Luisi, photographes qui ont exploré, chacun à sa manière, les effets du vieillissement sur leur propre corps ou sur le corps de l’autre. Françoise Gaillard, philosophe et critique d’art, est, entre autres, une spécialiste de la question de la quête de la beauté, ayant contribué le volume sur le Futur au grand ouvrage publié par Gallimard et intitulé 100.000 Ans de Beauté.

La deuxième partie a pour thème Le corps de l’autre—la danse de l’autre, et s’organise autour de l’exposition DANCE WITH ME VIDEO et plus spécifiquement du duo créé par Mylène Benoit & Frank Smith pour Concordanses et de leur spectacle Coalition actuellement en tournée. Paul Ardenne, historien de l’art, créateur, entre autres, du concept de Corpopoétique, abordera la question de la relation au corps de l’autre dans la danse, en se basant sur la manière dont la vidéo et le film explorent cette relation. Des extraits de vidéos de Pilar Albarracin, Elena Kovylina, Arnold Pasquier & Lee Yanor seront montrés.

Pour en savoir plus sur le déroulé de la soirée, cliquer ici

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GENÈVE

FULL MOON
Group show
avec Clara Citron, Sara Conti, mounir fatmi, Shaun Gladwell, Alexandre d’Huy, Abdul Rahman Katanani, Rachel Labastie, Eva Magyarosi, Pavlos Nikolakopoulos, Emanuela Olini, Laurent Perbos, Julien Serve & Ornela Vorpsi
Jusqu’au 16 juin

2 rue de Hesse, 1204, Genève

Symboliquement la Pleine Lune concentre les énergies de toutes les phases de la lune dans son cercle parfait, lumineux. C’est le symbole de la plénitude, la totalité, en orbite circumterrestre. La lune a été toujours source d’inspiration pour poèmes et madrigaux, elle a donné naissance à de multiples proverbes et coutumes, sa masse influence les marées des océans et le système tectonique de la surface de la Terre, elle inclut le monde agricole dans ses opérations les plus essentielles, du semis aux soins de récoltes. La Pleine Lune, magique et mythique, serait aussi liée aux cycles féminins et à leur acmé lumineuse…

La lune inspire les artistes et pour Sara Conti, montrée pour la première fois à Genève, elle est l’expression d’un féminin puissant, représenté sous forme d’arbre qui rencontre son contraire et qui donne la vie. Sara Conti ne sépare pas l’humain du végétal, on croirait même, à regarder cet éloge de la fusion naturelle des corps, des espèces et des essences, que les corps des morts humains pourraient reproduire la vie sous l’œil ténébreux de la lune. Le sexe de l’arbre et les dessins de Sara Conti ? Délicieux, drôles, érectiles, fertiles, bisexuels, indéterminés, hermaphrodites, érotiques, magnifiques. Ornela Vorpsi, plasticienne et écrivain albanaise connue et reconnue, qui sera présente à la galerie le 18 mai (de même que la jeune romaine Emanuela Olini) travaille avec son ambiguïté naturelle sur la vie nocturne et onirique des chats, représente avec ironie la lune comme un œuf et fait dire au chat noir:
« La nature c’est un œuf, moi je le sais,
Je l’ai vue de près, puis je l’ai mangé.
C’est à jamais ainsi et ce depuis toujours
Que nous les chats créons la nuit et le jour »…

Aux côtés de ces trois artistes, FULL MOON présente aussi Eva Magyarosi et Laurent Perbos, l’imagination et la structure, que vous retrouverez ensemble dans l’exposition prochaine, vernissage au solstice d’été, EDEN, EVA & ADAM – ainsi que mounir fatmi et ses dessins fondateurs Fragile Communication, Alexandre d’Huy, Pavlos Nikolakopoulos, Julien Serve, Shaun Gladwell et ses Phaéton (Φαέθων / Phaéthôn, « le brillant », fils d’Hélios, mort foudroyé pour avoir perdu le contrôle du char solaire de son père… et avoir ainsi manqué d’embraser le monde ; Rachel Labastie la sculptrice qui dessine des murs de liberté et le dessin mural d’Abdul Rahman Katanani.

PORTRAITS
Atelier AMI – art & partage –
Group show
avec Régis Figarol, Dana Hoey, Tuomo Manninen, Danni Orci, Marin Raguz, Matt Saunders, Julien Serve, Guillaume Varone, Ornela Vorpsi, Jeanine Woollard & Alexandre d’HUY

6 rue du Gothard à Chêne-Bourg
Visites sur RDV, merci de contacter barbara.s.polla(at)gmail.com

AMI était, entre autres, une portraitiste et dans cette exposition vous découvrirez des échos étonnants entre ses portraits dessinés, aquarellés ou peints, et ceux de photographes émergents ou confirmés qu’elle a connus et appréciés, ou qu’elle aurait aimé si elle avait eu le temps de les connaître.
Pour en savoir plus, cliquer ici.

 

VENISE

Pour en savoir plus sur les projets de mounir fatmi dans le cadre de la 57ème Biennale de Venise, cliquer ici.