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LES MARTYRS DU PAVILLON BLANC

novembre 7, 2012

Article original publié sur le blog de Londerzeel, un magazine de KRISVANASSCHE en collaboration avec Analix Forever

Andrea Mastrovito’s work is currently displayed in Le Pavillon Blanc in Colomiers.

Below is a text (in French) written by Barbara Polla about the show:

Le Pavillon Blanc ? C’est à Colomiers, dans les faubourgs de Toulouse. Une très belle réalisation de l’architecte de Rudy Riciotti, amant du noir qui lui déclare ainsi son amour : “La couleur noire m’est chère au-delà du raisonnable. Sublime, obsessionnelle, radicale, unique.” Mais ici le blanc, l’envers du noir. La douceur de Ricciotti, soudain. Etonnant à mains égards.
Le Pavillon Blanc ? Une médiathèque, un site internet hyperconnecté ( http://www.pavillonblanc-colomiers.fr ), un espace d’exposition aussi, dans lequel le très jeune et non moins brillant Arnaud Fourrier, le nouveau directeur du centre d’Art, passionné de fiction, se plaît à mélanger écriture et dessin, graphisme contemporain et BD, Andrea Mastrovito et Fernando Bryce. Le Pavillon Blanc, en ce mois de novembre 2012, nous propose le noir de la guerre. Et les martyrs, parmi nous.

Les martyres d’Andrea Mastrovito sont historiques, religieux ou guerriers, mais aussi quotidiens, urbains, et lui-même en fait partie, écartelé – par ses souffrances ou ses désirs contradictoires, nul ne le saura. L’artiste, qui utilise depuis toujours le papier, le collage, les installations, anime ici ses derniers martyrs, ceux de la liberté, grâce à des ventilateurs habilement placés, tels des témoins du temps, tels des éoliennes aussi, ou des sphinx encore, observateurs de l’évolution du monde, du retour des mythes anciens au sein même de l’imagerie contemporaine. Effrayante beauté.

Aux côtés d’Andrea Mastrovito, Fernando Bryce, pour éviter que « l’histoire ne se dilue dans les images », nous fait nous souvenir des vingt-sept fusillés de Chateaubriant. Le 20 octobre 1941, près de la cathédrale de Nantes, deux jeunes parisiens des Bataillons de la Jeunesse rencontrent sur leur chemin deux officiers allemands. Ils tueront le lieutenant Holtz. Les représailles de l’occupant nazi sont immédiates : parmi les détenus pris comme otages, vingt-sept hommes du Camp de Choisel. Tous fusillés, le mercredi 22 octobre 1941, en début d’après-midi, dans la carrière de la Sablière. Tous refusèrent d’avoir les yeux bandés. Fusillés les yeux ouverts.

Ils sont appuyés contre le ciel
Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel,
Avec toute la vie derrière eux

Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent
Ils sont bien au dessus de ces hommes
Qui les regardent mourir

Et leur seul regret est que ceux
Qui vont les tuer n’entendent pas
Le bruit énorme des paroles

Les fusillés de Chateaubriant
de René Guy Cadou

FERNANDO BRYCE & ANDREA MASTROVITO, L’HISTOIRE EST A MOI !/ DU 28/09 AU 08/12 2012 – LE PAVILLON BLANC, COLOMIERS

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